Du pain à la Joie

Faire son pain est peut-être un acte révolutionnaire parce que cet acte simple et pur réveille l’âme paysanne millénaire, libre des révolutions industrielles et marchandes qui font la mort de l’homme.

La recette du pain est bien simple. Pourtant il existe une foule de recettes liées à une philosophie plus consumériste ou plus naturelle. Les différences jouent sur la qualité des ingrédients : eau, sel, farine, levure ou levain, sur l’utilisation éventuelle d’appareils, sur la nature du four…

La question du pain permet de comprendre que notre nourriture n’est pas produite avant tout pour être bonne pour nous mais pour être bonne pour l’industrie agro-alimentaire.

L’histoire de l’origine du pain est pleine d’enseignements et il est recommandé de la connaître ainsi que la compréhension de ce qu’est le blé.

A partir de la révolution industrielle, pour que les machines puissent remplacer l’homme, il a fallu (« il a fallu » est ici une figure de style pour éviter de donner une orientation politique à la formule qui dévierait le sujet) il a donc fallu adapter les céréales aux machines. Alors que depuis des millénaires on avait sélectionné des blés pour consommer sa production, on s’est mis à sélectionner des blés pour leur valeur marchande. Cela n’a pas été sans conséquences et ces conséquences ne sont pas toutes favorables la santé humaine.

  • Les machines ont profondément bouleversé le monde paysan avec les premières moissonneuses et batteuses à cheval puis à vapeur et enfin l’arrivée du tracteur et de la moissonneuse batteuse moderne guidée par satellite et connectée. Le nombre de paysans a fortement chuté et la culture paysanne a disparu. La mécanisation a créé l’abondance et l’abondance a dévalorisé la production.
  • Les premières moissonneuses ont aussi été confrontées au phénomène de la « verse« . Le blé a été nanifié pour éviter ce problème. Il s’est trouvé en concurrence avec des plantes messicoles qu’il dominait jusque là et « il a fallu » introduire des herbicides.
  • La moisson était un travail collectif et coopératif mobilisant beaucoup de monde. Ces travaux très durs étaient souvent l’occasion de fêtes qui participaient à la solidité du lien social : solidarité et partage. Les agriculteurs d’aujourd’hui sont souvent des personnes très seules.
  • La sélection variétale s’est accélérée et il a été possible d’obtenir des rendements élevés en associant les engrais qui nourrissent directement la plante, les herbicides, les insecticides et les fongicides. On a ainsi obtenu des rendements de 75 quintaux/hectare en moyenne ce qui est beaucoup plus qu’en agriculture bio où on atteint 40 ou 45 qx/ha. Cette sélection n’a donc aucun rapport avec les qualités sanitaires du blé. Il faut généralement faire un compromis entre le rendement et la richesse en protéines.
  • La production de blé donne l’impression d’être toujours au bord de la crise : cours fragiles, aléas climatiques, consommation d’intrants en augmentation, appauvrissement des sols, maladies diverses, nuisance pour la biodiversité… les OGM (organismes génétiquement modifiés) se présentent comme une réponse. Il ne s’agit plus de faire de la sélection mais d’intervenir directement sur le capital génétique de la plante. Seuls de gros capitaux sont capables de développer ces OGM et ils le feront pour en obtenir de gros profits. L’autre danger, c’est la dépendance totale envers ces capitaux qui font en sorte que leurs semences ne puissent pas être réutilisées.
  • La minoterie est devenue industrielle et demande des blés adaptés à ces machines. Le petit épeautre a failli disparaître parce qu’il doit être décortiqué avant d’être moulu. La minoterie industrielle traite de grands volumes et entre dans les « circuits longs » qui font qu’un blé produit à un endroit donné fera du pain dans un lieu qui pourra être très éloigné en étant passé par de nombreux intermédiaires.
  • La panification a aussi été industrialisée. Pendant des millénaires elle s’est faite à la main avec des ferments qui sont présents naturellement sur les grains de blé. Avec les pétrins mécaniques et les levures boulangères, « il a fallu » sélectionner des blés dont les protéines favorisent le gluten, cette substance élastique naturellement présente dans la pâte. Son intérêt est de retenir les bulles de gaz carbonique produites par les levures ou le levain. Dans une pâte riche en gluten et avec des levures boulangères, on obtient un pain avec de grosses bulles, ce qui est la norme maintenant. Le petit épeautre (Triticum monococcum 15 qx/ha à ne pas confondre avec le grand épeautre Triticum spelta mais on peut se demander si le commerce n’a pas joué sur cette homonymie pour vendre le grand épeautre plus que sa valeur) a un faible taux de gluten. Il est plus difficile à moudre et à panifier. Il fait des pains moins gonflés mais tellement plus riches en qualités sanitaires. Certaines personnes sont intolérantes au gluten, c’est la maladie cœliaque ou même allergiques. Ces pathologies pouvaient être mortelles il y a quelques décennies encore. L’industrie agro-alimentaire nous a persuadés d’acheter de nombreux plats préparés dans lesquels le gluten est souvent présent non pas pour ses qualités nutritionnelles ou gustatives mais seulement pour améliorer le processus de fabrication. Parfois il ne s’agit que de traces de gluten. Pour les personnes intolérantes ou allergiques, se nourrir est plus compliqué. Il faut éviter absolument BASO (blé, avoine, seigle, orge) et le plus simple est de n’acheter aucun aliment transformé. Il existe maintenant une norme « sans gluten » qui a permis à des entreprises d’investir ce marché d’autant plus prometteur que la mauvaise publicité faite au gluten a persuadé de nombreuses personnes n’ayant pas de pathologie avérée d’éviter d’en consommer.
  • Et il n’a pas encore été question de levure. Vous saurez tout (l’essentiel) avec ce lien. Alors que la levure de boulangerie n’est composée que de la levure « Saccharomyces cerevisiae », le levain est naturellement composé de dizaines de levures et bactéries lactiques dont les actions se complètent. La fermentation, en acidifiant la pâte augmente la biodisponibilité des minéraux. La fermentation produit aussi de l’alcool qui s’évapore à la cuisson et du gaz carbonique qui fait lever la pâte quand il est retenu par le gluten. Plus la farine est complète plus le pain est riche en minéraux, en vitamines B1, B2, B6, en fibres et plus il est pauvre en sucres d’absorption rapide. On en déduit qu’un pain complet au levain a plus de valeur nutritionnelle qu’un pain blanc à la levure de boulanger. Néanmoins, une farine blanche est suffisamment appauvrie pour que la levure de boulanger en assure une bonne digestibilité

Faire son pain, c’est un bon exemple de réappropriation de son alimentation et de libération envers ceux pour qui c’est seulement un travail marchand.

Tout le monde sait que tout produit alimentaire transformé doit obligatoirement être associé à une information concernant, entre autres les ingrédients et la valeur nutritionnelle. Le pain non préemballé échappe à cette règle. Lorsqu’on achète une baguette à la boulangerie, on ne sait pas quelle farine a été utilisée, ni sa provenance, ni le taux de gluten, ni la levure utilisée, ni la présence éventuelle d’additifs… Bien souvent on ne sait même pas si c’est une pâte industrielle livrée prête à cuire (plus du tiers du pain consommé et en progression constante) ou si la pâte a été pétrie par le boulanger lui-même. En fait le titre de « boulangerie » suppose que le boulanger pétrisse lui-même sa pâte.

Mais où est la joie dans tout ça ?

Faire son pain c’est aussi comme le conte l’écrivain Jean Giono le moyen de la Joie. On fait ici le lien entre le troisième lien qui a été donné au début de l’article au sujet de l’émission « Sur les épaules de Darwin » consacrée aux origines du pain. Dans l’émission, des passages du livre de Jean Giono sont cités mais seule la lecture de ce livre permettra de comprendre ce que signifient Les vraies richesses.

Même si les vraies richesses ne se limitent pas au pain, le pain les résume toutes.

On me dit bien souvent que tout le monde ne peut pas faire son pain soi-même. J’en conviens bien que je puisse témoigner que, seul, travaillant à plein temps, avec des enfants à la maison, dans une maison à refaire, avec un jardin à cultiver, j’ai trouvé le temps de faire du pain. Et j’ai mesuré la joie que ce pain apportait autour de la table, au point de devoir le cacher pour éviter les chapardages.

C’est déjà une satisfaction d’obtenir un pain dans lequel on peut avoir confiance : Mélange de farines, par exemple : Farine Bio T110 Florence aurore et petit épeautre, blés cultivés et farine moulue à 40 km environ chez un paysan « engagé ». Il est important que la farine soit fraîchement moulue pour éviter l’oxydation. Sel de Guérande riche en oligoéléments. Et surtout levain naturel, obtenu par fermentation à l’air libre d’une bouillie d’eau et de farine pendant quelques jours et renouvelée au fil des années. C’est un travail qui revient souvent, tous les 10 jours environ (mais tous les 3 jours quand il y a du monde à la maison). Il faut à chaque fois environ 3 kg de farine pour faire 8 pains donc à peu près un par jour. Je dois avouer que depuis 35 ans environ, j’utilise un pétrin de laboratoire qui me fait gagner du temps. Quand j’étais seul, je faisais le pain en même temps que je repassais : la planche à repasser devant et le pétrin derrière. Mais j’ai toujours fini de pétrir à la main parce que c’est un plaisir, un plaisir sensuel qui apporte la joie, comme ce plaisir a apporté la joie à la foule d’ancêtres qui m’a précédé. Je sais que dans cette maison, au XVIIIè siècle on faisait le pain parce que, bien sûr, on cultivait du blé mais aussi parce que, dans l’inventaire de 1796, Jean-Balthazard Issaurat a bien mentionné « deux maies à pétrir » (pétrins) et un « bluttau » (blutoir) qui servait à « bluter » la farine, c’est à dire à la tamiser. Par contre il n’y a jamais eu de four dans cette maison. L’explication est simple : les pains étaient cuits dans les fours communs du village à 10 minutes à pied.

Ce plaisir renouvelé et cette joie ont fait germer un autre rêve : faire son blé (Japhabelle) et le moudre, faire sa farine et la cuire au feu de bois. La place ne manque pas. Un essai avait été tenté avec succès. Il manque le temps, manquent les outils, manquent les compagnons, manque le savoir-faire, manque l’esprit paysan d’autrefois.

J’ai été instituteur de la République et j’ai fait ce métier avec beaucoup de conviction. Je pensais apporter de l’eau au moulin du progrès social et individuel mais l’école, dans le temps de ma carrière, a été submergée par le flot boueux du divertissement marchand. Je ne regrette pas mais j’aurais bien aimé être paysan boulanger.

Mais qui comprend Giono aujourd’hui ?

Deux mondes

Un seul outil, la brouette, mais deux mondes face à face :

A gauche la brouette ancienne que j’ai toujours vue à la campagne et qui a donc au moins 60 ans. Ses boulons forgés témoigneraient plutôt d’une construction dans la première moitié du XXième siècle.  Elle a probablement été fabriquée par un menuisier local avec du bois local. Bernard avait remplacé la roue pleine par une roue pneumatique donnant à cet objet ancestral son ultime perfectionnement.

A droite la brouette moderne qui a peut-être 5 ans maintenant. C’est une fabrication « française. Elle a l’avantage d’être légère et d’avoir été payée un prix très raisonnable.

Ce sont deux mondes qui ne partagent que le nom et, au moins en partie, la fonction et que tout oppose :

L’artisanal / l’industriel. Même si la brouette ancienne a été faite selon un plan commun à son époque, elle est quand même unique.

J’admire le travail du ferronnier qui a battu le fer et l’a ajusté parfaitement. Même les boulons et écrous étaient faits sur place à l’unité.

Le durable / le jetable. Quand on va à la déchetterie, il est habituel de voir des brouettes métalliques dont la durée de vie moyenne ne doit pas dépasser quelques années. La brouette en bois pourrait éventuellement être réparée par un menuisier.

Le matériau bois / le matériau fer. Mais curieusement c’est le bois qui survivra au fer.

le sur mesure / le standard. En commandant sa brouette en bois, le client pouvait certainement demander des modifications. Je suppose qu’on ne faisait pas la même brouette pour un grand costaud ou pour un petit vieux.

La valeur : plusieurs visiteurs nous ont proposé d’acheter la brouette ancienne un bon prix. Elle a servi pour mettre en scène des bouquets à l’occasion d’un marché organisé dans les Jardins Sigalloux. Elle a servi pour des prises de vue du photographe de la revue Rustica qui a fait un cycle de reportages à paraître bientôt. Elle a été empruntée par l’association Perséphone pour un événement au Luc.

L’avenir : La brouette ancienne continue à servir très souvent. J’aime bien mettre mes mains sur ses poignées de bois à la courbure parfaitement ajustée et patinées par le temps. La brouette moderne sert souvent aussi mais la prendre en main n’a pas le même sens. Néanmoins la brouette moderne continue à évoluer parce qu’elle peut être motorisée avec un moteur thermique ou électrique, la roue unique est alors remplacée par 3 ou 4 roues ou encore des chenilles. Plus futuriste encore, la brouette robotisée (en fait un chariot) qui suit l’ouvrier et peut rejoindre seule sa destination.

Vous avez vu une balle ? Non, ça n’a rien à voir, c’est juste que Jody la met partout. Il est devenu à peu près impossible de faire une photo sans balle de tennis.

Il y a donc de l’avenir dans le monde de la brouette.

On peut dire de l’ancienne brouette en bois que c’est un objet « vertueux » parce qu’il a rendu d’innombrables services sans nuire à l’environnement. On sait qu’il y a aussi des objets vicieux. J’oserais dire que l’imprimante à jet d’encre est un objet « vicieux » parce qu’il est peu cher à l’achat mais très cher à l’usage et très rapidement obsolète, il passera l’essentiel de sa vie à l’état de déchet polluant.

C’est dans les poches

Des petits accessoires qui permettent d’être efficace en apportant des solutions immédiates à beaucoup de problèmes.

Un trousseau avec : des clefs, un sifflet (pour communiquer avec la maison), une loupe de botaniste, une mini-lampe, un mini-stylo, un étui avec des bouchons d’oreilles, un jeton de caddy, un couteau une étiquette à mon nom.

Un téléphone portable (en fait, celui qui sert vraiment c’est celui qui prend la photo). Le téléphone est protégé par un épais étui de cuir porté à la ceinture.

Des lunettes de soleil.

Un outil universel : pinces, tournevis avec un assortiment d’embouts , couteau, mini-scie…

Une pochette avec des étiquettes et un feutre permanent.

Un briquet pour allumer l’enfumoir.

Un lien horticole.

Un masque à poussière.

Il manque un bout de papier de verre (pour nettoyer la bougie d’un outil récalcitrant).

Comment vous dites ? Vous avez vu une balle de tennis ? Non, je ne promène pas avec une balle de tennis dans les poches, c’est Jody qui essaie de la placer partout où je travaille pour que je la jette au loin.

Ces objets prennent place dans les poches du pantalon de travail, toujours dans les mêmes poches. Il y a 2 pantalons de travail exactement semblables.

La République des Sigalloux

La République des Sigalloux

Le monde dans lequel nous vivons et dont nous dépendons ne nous convient pas. Au-delà, il est incompatible avec notre morale et notre éthique. Notre morale juge le Bien et Mal selon le sens commun. L’éthique juge le Bien et le Mal selon la raison. Nous sommes à la fois en opposition avec le système politique, les gouvernements et le peuple qui alimente ce système.

Afin de ne pas cautionner ce qui se passe dans notre monde et dans l’espoir de rendre possible un monde durable et meilleur, nous faisons sécession et déclarons la République Libre et Indépendante des Sigalloux.

Constat :

le monde a profondément changé après plusieurs révolutions majeures, la République n’a pas suivi.

l’individuel a occulté le collectif,

les droits ont occulté les devoirs,

la multiplicité des lois a tué l’esprit des lois,

le divertissement a supplanté la connaissance,

l’argent est la seule valeur universelle,

l’éducation ne fait plus la promotion de l’enfant,

le présent ne permet plus de penser l’avenir.

La République des Sigalloux n’est pas un territoire, ce n’est pas une communauté idéologique, c’est une communauté d’engagement au service de la vie dans toutes ses dimensions, et dans la durée.

La vie est sacrée dans toutes ses dimensions, et dans la durée. La vie humaine est sacrée. Si la vie n’est pas sacralisée, elle deviendra une marchandise au service d’intérêts individuels.

La nature sacrée de la vie suppose que ni le collectif, ni l’individuel ne sont la mesure de toute chose. La nature sacrée de la vie suppose un ordre supérieur et il appartient à la liberté de chacun de penser ou de croire que cet ordre supérieur est matériel, surnaturel, spirituel, religieux, éthique ou autre.

Il n’y a donc qu’une seule loi : respecter la vie, la sienne, celle des autres et toute la vie du monde, des animaux, des plantes, des êtres animés ou inanimés. Respecter la vie présente, la vie passée et la vie à venir sur le plus long terme.

La démocratie représentative a vécu : Elle était adaptée à un monde dans lequel le peuple ne savait pas lire et l’information était diffusée trop lentement pour être prise en compte. Le citoyen donnait son vote à un représentant censé représenter ses idées, ses croyances… mais qui pouvait détourner ce mandat à son profit. Le système des partis a perverti la démocratie représentative.
La République des Sigalloux est une démocratie participative parce que chacun a les moyens de faire connaître son opinion et les opinions sans fondements peuvent être invalidées. Dans une démocratie participative, on ne donne pas son suffrage à un élu pour qu’il change les choses, on change directement son comportement pour que le monde change. Dans une démocratie participative, le citoyen agit de manière positive et ses actes ont plus de portée et de sens que ses votes. Dans une démocratie participative, ceux qui sont contre la dictature de la pensée n’ont pas de récepteur TV, ceux qui sont contre le capitalisme n’achètent pas Coca, Nike… ceux qui sont contre le chômage achètent des produits locaux, ceux qui sont contre la pollution achètent des produits bio et ainsi de suite… et le monde change.

Ébauche d’une charte de citoyenneté

La République des Sigalloux n’oblige à rien et n’interdit rien tant que le caractère sacré de la vie est respecté. Chacun est libre de ses idées mais chacun fait évoluer ses comportements.

La République des Sigalloux propose une charte de citoyenneté concrète, accessible à tous et évolutive selon les connaissances et selon la connaissance des conséquences des activités humaines qui peuvent dériver vers le mal.

En matière de comportement :

Le respect est la règle fondamentale.

La politesse est arbitraire mais elle est indispensable dans la vie sociale.

La liberté individuelle est fondamentale. C’est un droit inaliénable.

La liberté individuelle ne peut en aucun cas limiter la liberté des autres.

La liberté individuelle est une liberté privée en aucun cas une liberté publique.

En matière d’alimentation, de préférence :

Acheter des produits locaux pour que la transaction profite au producteur, pour qu’il y ait un lien responsable entre le producteur et le consommateur, pour que la fraîcheur du produit frais profite au consommateur, pour éviter les coûts environnementaux des transports.

Acheter des produits bio pour limiter les conséquence sur l’environnement. Ne pas oublier que si les produits bio ne sont éventuellement pas meilleurs pour la santé, ils sont toujours meilleurs pour les sols et l’environnement.

Acheter des produits de base plutôt que des produits transformés.

Acheter des fruits et légumes de saison.

Limiter la consommation de viande, poissons et dérivés de l’élevage.

En matière de consommation, de préférence :

Acheter des produits locaux.

Acheter des produits durables.

Acheter des produits réparables.

Acheter des produits qui rendront vraiment service.

Acheter des produits recyclables.

Acheter des produits en matériaux naturels ou pérennes.

En matière de transport, de préférence :

Utiliser les transports en commun quand c’est possible.

Utiliser le train plutôt que l’avion.

Utiliser la voiture avec discernement.

Privilégier absolument la sécurité sur la vitesse.

Adopter une conduite économique.

Respecter la totalité du code de la route qui a défaut d’être parfait est un cadre parfaitement défini.

En matière d’éducation :

L’éducation est un droit fondamental, c’est aussi un devoir pour l’ élève de respecter ses enseignants et les matières enseignées même s’il n’en comprend pas toujours l’utilité.

Les parents bénéficient du droit à une éducation gratuite pour leur enfant. Ils ont le devoir de valoriser cette éducation. Ils doivent être un modèle pour leurs enfants par leur comportement, leur langage…

L’éducation relève essentiellement de la cellule familiale. Dans l’éducation il y a la nécessité de définir un cadre à respecter. C’est dans la cellule familiale que s’apprend la différence entre le Bien et le Mal.

En matière d’éducation, aucun objectif n’est trop élevé.

Une ébauche des moyens :

La république des Sigalloux est centrée sur les Jardins Sigalloux qui sont un lien de rencontre, de partages et d’échanges organisés par l’association : stages, ateliers de bénévoles, ateliers de jardinage par 2 jardiniers formateurs, bourse aux plantes, journée du bien être, concert estival, journées « Rendez-vous aux jardins ». Toutes les activités ont pour but de créer du lien social positif et de renouer avec la nature qui nous nourrit.

La République des Sigalloux s’appuie aussi sur l’espace-test en maraîchage biologique avec une orientation en permaculture. Ce lieu de production est aussi un lieu pédagogique pour permettre à ceux qui le souhaitent de voir la travail de la terre et d’y participer. L’espace-test permet à un jeune agriculteur de se tester au métier dans des conditions intéressantes pendant 1 à 3 ans. Ce lieu peut produire des légumes pour un certain nombre de familles qui souhaitent soutenir une production locale, bio en bénéficiant d’une fraîcheur optimale. Ces personnes seraient assurées d’être approvisionnées en légumes. Elles pourraient être sollicitées pour aider le maraîcher ponctuellement. L’espace-test doit redémarrer à l’automne 2019 après une profonde transformation pour intégrer les méthodes de la permaculture.

A créer :

Une coopérative ou groupement d’achats de produits de base, sains et de préférence locaux. Par exemple, la coopérative pourrait avoir une cuve réservée dans les bâtiments de la coopérative oléicole pour pouvoir fournir ses adhérents en huile d’olive. Il manque des personnes pour créer et animer cette coopérative.

Des ateliers pour fabriquer, recycler, entretenir ou réparer dans différents domaines, que ce soit la couture, la menuiserie ou la mécanique…

Une école d’éducation globale centrée sur la culture et la nature. Le projet pédagogique de cette école est rédigé. Il manque des personnes pour le porter.

Une monnaie locale, le Sig. Le Sig vaut 1 heure de travail avec un coefficient de pénibilité et un coefficient de moyen si ce travail demande des outils dont l’amortissement est important. Il n’y a que le travail qui puisse créer de la valeur. La valeur d’un objet est liée au temps de travail qu’il a nécessité.

le papillon du 31 décembre

Parmi les fleurs du néflier du Japon (Eriobotrya japonica) dont le fruit est le premier cadeau du printemps, un papillon vulcain  cherche du nectar.

Le parfum du néflier est un pur bonheur : fermer les yeux, sentir la caresse du soleil, la douceur de l’air et le parfum ineffable des fleurs… Il y a des moments de pur bonheur sur la Terre.

Le parfum du néflier fait évoque un peu celui du sirop d’orgeat.

Le bourdon et l’abeille sont aussi au rendez-vous. La douceur n’est pas forcément une bonne nouvelle : certains pruniers ont commencé à fleurir et des bourgeons floraux apparaissent sur quelques pommiers.

travaux de réparation

La chambre grise était devenue dangereuse : une fuite de la toiture datant des années 80 avait pourri une poutre. C’est en décroûtant cette poutre que les dégâts étaient apparus. C’est un miracle qu’elle n’ait pas cédé.

Le maçon voulait remplacer la poutre, donc enlever le plancher de la pièce au-dessus : gros chantier, long et coûteux.

J’ai préféré renforcer la poutre existante par un produit qui s’appelle Resiforce de Labofrance : la partie pourrie a été enlevée et une section de chaînage arrimée à 2 forts tire-fonds a été noyée dans cette résine (en gris sur la deuxième photo). Ensuite la poutre a été doublée par une poutre d’une section correspondant à la partie pourrie. J’avais préparé le chantier mais ce sont les maçons qui ont placé la nouvelle poutre.

Il reste à habiller l’ensemble en plaques de plâtre.

Le plâtre du plafond qui s’était décollé est maintenu par des vis.

Le bout de placo en travers est provisoire, il sert à aligner précisément les plaques verticales.

La chambre grise et celle qui est au-dessus seront bientôt de nouveau utilisables.

Concours national des jardins potagers 2018

Le concours national des jardins potagers organisé par la Société Nationale d’Horticulture de France nous a décerné un premier prix.

C’est évidemment agréable de recevoir un prix. Cependant, nous avons surtout besoin de cette légitimité et de cette reconnaissance pour poursuivre nos objectifs en matière de d’environnement : biodiversité, production bio et locale, animations auprès des scolaires et des adultes…

Ce prix est aussi l’occasion de se poser un certain nombre de questions ouvertes :

  • Quel est l’avenir de ce jardin  ?
  • Faut-il se contenter d’entretenir ce qui existe ou faut-il essayer de continuer à innover, améliorer, embellir ?
  • Faut-il progressivement tout laisser en espace-test ?
  • Le jardin peut-il devenir un lieu pédagogique important ?
  • Faut-il essayer d’évoluer vers le statut de jardin remarquable ?
  • Faut-il que le jardin puisse être visitable toute l’année ?
  • Quel rôle le jardin peut-il jouer auprès de la commune et de la communauté de communes ?
  • Comment définir le lien entre les jardins et l’association ?
  • Quels moyens humains et financiers peut-on espérer ?
  • Comment fédérer d’autres lieux assez proches avec les mêmes objectifs ?

 

Une campagne, une histoire, la vie rustique en Provence