Archives de catégorie : propos

Promesses…

Sans doute faut-il avoir déjà fait un bon bout de chemin pour avoir besoin de se retourner. Sans doute faut-il avoir atteint un certain âge pour se retourner sur son passé… et ce n’est pas sans frémir.

C’est parce que la mémoire est vivante, qu’elle interpelle le présent et s’y confronte. C’est la promesse de l’aube qui vient demander des comptes. Et des comptes, on en rend tous les jours. Et sans doute faut-il accepter d’avoir fait défaut, d’avoir égratigné sa vie et celle des siens, pour accepter de continuer le chemin et pour finalement le trouver beau.

Peut-être faut-il avoir atteint un certain âge pour fonder une autre promesse. Une promesse qui n’est pas faite de paroles mais composée de pierres, de terre, de plantes vivantes et d’arbres qui font un grand jardin bourdonnant d’abeilles et riche en promesses de fruits où la vie peut s’enraciner pour des générations et donner de vraies richesses et fonder la joie.

A propos de colère populaire

Je n’ai pas voté pour le président en place et je ne cherche en aucune manière à le soutenir.

Il est légitime que le peuple fasse entendre sa voix et sa colère (Vox populi vox Dei).

Néanmoins, je ne comprends pas la logique de l’action populaire qui se mobilise au sujet d’une hausse des taxes du carburant qui aurait dû intervenir depuis très longtemps et qui aurait pu illustrer une gouvernance éclairée pour limiter la pollution et relocaliser la production.

Je prends le risque de continuer :

Il est bien évident que le carburant paraît cher même si une étude aurait montré qu’il ne contribuait que pour 16% du prix global d’une voiture (je n’ai pas retrouvé l’information). Pourtant, je ne vois pas beaucoup de conducteurs conduire à l’économie. Après le péage, les conducteurs accélèrent brutalement et je me fais dépasser par tout le monde. En ville, ce sont de brusques accélérations suivies de brusques freinages. Ne parlons pas de nos amis les deux roues motorisées qui consomment plein pot. Ce mode de conduite augmente la consommation, pollue plus, use plus pour quoi au juste ?

Pourquoi le peuple ne s’en prend pas à la grande distribution qui détruit des emplois, appauvrit les producteurs, fait acheter des objets de consommation sans lendemain, fait le jeu d’une alimentation industrielle, fait prendre les désirs pour des besoins… Souvent, j’ai l’impression que c’est moi le pauvre quand je pousse mon Caddie au fond duquel il n’y a que des produits de base et que je croise des caddies surchargés de boissons gazeuses, de desserts sucrés, de plats préparés…

Pourquoi le peuple s’auto-impose-t-il avec le loto ?

Pourquoi paie-t-il pour s’empoisonner avec du tabac ?

Pourquoi entretient-il des multinationales sans foi ni loi comme Coca Cola ou Nike ?

Pourquoi donne-t-il son argent à des personnes qui sont richissimes comme certaines personnes du monde du spectacle ou du sport ?

Pourquoi consomme-t-il autant de médias qui le manipulent et l’exploitent sans l’ombre d’un scrupule ?

Le peuple sait-il qu’il est la matière première absolument irremplaçable de toute l’économie ?

Sait-il qu’il pourrait s’émanciper en déposant sa télé sur le trottoir, en consommant des produits de base, locaux de préférence, en choisissant des objets durables même s’ils semblent plus chers au départ…

J’ai largement écrit de quoi me faire lyncher mais j’avais besoin de m’exprimer.

En arrivant à un barrage, un gilet jaune hilare (donc pas vraiment en colère) nous dit de klaxonner et qu’il nous laissera passer. Je lui dit que je n’ai pas d’ordre à recevoir de lui mais des gendarmes qui sont à côté. Un gendarme se retourne et nous dit : « Allez-y, klaxonnez et on vous laissera passer.. » Je réponds d’une voix forte et calme : « Monsieur le gendarme, il est interdit de klaxonner en ville ! Vous me demandez de faire quelque chose d’interdit par la loi ! » Bon,  on rit jaune… on voit rouge !

 

 

 

A propos de musique

Totalement exaspéré par la programmation musicale de Radio Vinci Autoroute, je me suis permis de leur écrire :

« FORMULAIRE CONTACT SITE INTERNET

EXPEDITEUR :
Frédéric DENIZET
frederic.denizet@laposte.net
Campagne Sigalloux
83340 le Luc-en-Provence
0602359020

MESSAGE : musique
Bonjour,

Radio Vinci autoroute est incontournable quand on veut prendre l’autoroute. C’est un service précieux qui est, je suppose, financé par le péage. Malheureusement, la qualité musicale est désastreuse : mélodies, rythmes, son, textes, diversité… Il semble que vous diffusiez ce qu’il y a de pire pour une oreille musicale. J’imagine que vos choix s’alignent sur les « supposés » goûts du public. C’est un désastre culturel, le peuple ne sortira jamais de la fange culturelle. Les enfants, parce qu’ils sont des enfants, ont droit au meilleur et vous n’assumez pas cette responsabilité comme la quasi-totalité des médias.

Cordialement ,

Frédéric Denizet »

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A mon grand étonnement, j’ai eu une réponse :

« Bonjour,

Afin de bien comprendre votre remarque, quel serait le niveau de qualité qui conviendrait, selon vous ?

Bien cordialement,

Stéphane Fiaux

De : contact@radio-vinci-autoroutes.com [mailto:contact@radio-vinci-autoroutes.com]
Envoyé : dimanche 11 novembre 2018 13:07
À : Radio VINCI Autoroutes
Objet : musique : Désastre culturel »

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Je me suis donc employé à faire le texte suivant que je vous soumets et que vous pourrez commenter et critiquer :

« Monsieur,

Il est difficile de répondre simplement à une question complexe.

Je pense que tout le monde s’accordera sur la notion de qualité au sujet de la nourriture : quand on a mangé un poulet bio de ferme, on sait que le poulet élevé en batterie n’est pas une nourriture de qualité.

On s’accordera probablement sur la notion de qualité au sujet des objets : une chaussure de qualité permet de marcher dans de bonnes conditions et va durer dans le temps et sera finalement moins chère qu’une chaussure de basse qualité qu’il faudra très vite renouveler.

On pourrait dire que la qualité c’est ce qui est bon (dans le sens de « positif ») et qui dure.

De tous temps, dans tous les genres musicaux, il y a eu des œuvres qui ont connu des succès éphémères et d’autres vers lesquelles les artistes et le public reviennent sans arrêt.

C’est le cas par exemple des Variations Goldberg écrites par Jean-Sébastien Bach en 1740 et qui sont jouées depuis 278 ans au clavecin, au piano, en trio à cordes, en orchestre à cordes… Voici ce qu’en dit : https://fr.wikipedia.org/wiki/Variations_Goldberg : « …Elles représentent aussi un des sommets de la forme « thème avec variations », et une des pièces les plus importantes écrites pour clavier. L’œuvre est d’une richesse extraordinaire de formes, d’harmonies, de rythmes, d’expression et de raffinement technique, le tout basé sur une technique contrapuntique inégalable… » On dira que ce n’est pas accessible à tout public. C’est faux : J’ai été instituteur pendant plus de 30 ans et je peux témoigner qu’il est possible de faire aimer cette musique à des enfants quand on s’en donne les moyens, comme il est possible de leur faire aimer l’opéra et je ne parle pas d’écoles de milieux favorisés mais d’école de quartier avec des milieux très populaires. Ces enfants ont eu, au moins une fois dans leur vie, la chance d’entendre et d’apprendre à aimer des œuvres de qualité.

J’ai pris l’exemple des Variations Goldberg, j’aurais pu choisir d’autres œuvres : « Il lamento della ninfa » de Monteverdi(https://www.youtube.com/watch?v=T3ziXKHPI90&list=RDMMT3ziXKHPI90), l’œuvre pour luth de John Dowland (https://www.youtube.com/watch?v=613nUS1m3j8), le chœur des bohémiens dans la Traviata de Verdi (https://www.youtube.com/watch?v=DTRMb3yEHf0), la berceuse d’Arvo Pärt, les ragas du merveilleux Hariprasad Chaurasia (https://www.youtube.com/watch?v=egHCxISQG9o), ou la musique totalement extraordinaire des Pygmées Aka (https://www.youtube.com/watch?v=psgETWw2vls)… il faut malheureusement arrêter (amputer) cette énumération des trésors musicaux de l’humanité.

Pour finir, j’ose dire que, en matière d’art, la qualité, c’est ce qui nourrit l’âme. Mais l’âme, est-ce que ça a encore un sens aujourd’hui ?

Votre radio a la chance de pouvoir s’adresser à un public disponible : installé dans une capsule de fer projetée pour un temps parfois long sur le ruban d’asphalte, il a le temps de prendre le temps d’écouter ce qu’on lui propose. Vous avez la chance de pouvoir apporter quelque chose à cette foule captive, quelque chose de mieux qu’un passe temps dont il ne restera rien. Il y a tant à découvrir, tant à aimer, tant à partager qui pourrait nous enrichir…

Bien à vous,

Frédéric Denizet »

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Cette critique n’est pas restée sans réponse :

« Monsieur,

Cette discussion est sincèrement enrichissante. Néanmoins, je ne suis pas sûr que la « vérité » soit à un seul endroit. On peut aussi préférer des chaussures de moins bonne qualité parce qu’on a le goût d’en changer régulièrement. Un objet peut être de bonne facture mais ne pas trouver grâce aux yeux de certaines personnes.

Le monochrome bleu de Klein est-il de meilleure qualité que la Joconde ?

Ici, je ne crois pas que nous parlions de poulet.

Quand nous diffusons des chansons de Camille, Jeanne Cherhal, Joan Baez, Prince… sont-elles de médiocre qualité ? L’art populaire a aussi le droit d’avoir sa place. Ceci ne nous empêche pas de nous ouvrir à toutes les formes d’art en vue notamment d’aiguiser la curiosité du plus grand nombre.

Quelle radio généraliste oserait diffuser « Le Clavier Bien Tempéré » ? Nous l’avons fait. Sommes-nous comme les autres médias ? Je ne le crois pas. Quelle radio a diffusé récemment le Concerto pour Mandolines en Si bémol majeur de Giuliano ? Nous l’avons fait. Nous donnons la parole régulièrement à des chefs ou à des musiciens de talents rarement entendus ailleurs et surtout pas sur une radio « populaire ». Je vous invite à écouter nos podcasts : https://radio.vinci-autoroutes.com/rubrique/tempo-110. Je ne pense pas que nous ayons à rougir de notre programmation en la matière. J’espère que vous conviendrez de la qualité de nos invités et de nos choix.

Nous sommes partenaires médias des manifestations « Orchestres en Fête » dont nous nous faisons largement l’echo partout en France, nous sommes aussi partenaires de « L’esprit du Piano » à Bordeaux, nous sommes partenaires du Festival de Musique Classique de Toulon, nous soutenons aussi « Les vacances de Monsieur Haydn » à la La Roche-Posay…

Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que nous faisons de l’info trafic, c’est notre unique raison d’être mais malgré tout, je ne crois pas qu’il y ait notre équivalent en matière d’éclectisme. Pour finir sur une pointe d’humour, je serais curieux de savoir ce que vous répondraient France Culture, France Musique ou Radio Classique concernant la qualité de leurs informations trafic.

Bien à vous,

Stéphane Fiaux »

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Nouvelle critique :

« Monsieur,

Je vous remercie de poursuivre cet échange que je trouve également enrichissant.

Bien sûr que chacun est libre de préférer des chaussures de moins bonne qualité pour en changer plus souvent. Bien sûr que le bleu de Klein n’efface pas la Joconde ni l’inverse.

Je ne cherche pas à discuter des goûts parce que c’est personnel et on n’a jamais à justifier ses goûts. Je n’aime pas spécialement le Jazz mais j’ai beaucoup d’admiration pour ce genre musical. Notre échange porte sur la notion de qualité et il n’y aucune raison pour que l’art populaire ne puisse pas être de qualité.

Je vous dois des excuses parce que je ne savais pas que votre radio avait une programmation aussi éclectique. J’ai réagi d’après mon expérience : Toutes les fois où j’ai dû utiliser votre radio, je suis malheureusement tombé sur des musiques caractérisées par un volume sonore excessif (on peut heureusement baisser le volume), des sons saturés, un rythme omniprésent, monotone mais percutant, des basses hypertrophiées, des paroles souvent en anglais, peu compréhensibles (bien que je pratique cette langue assez souvent), des voix déformées… et une audition finalement stressante, fatigante et épuisante à la longue. Le genre de musique qu’on entend très souvent dans les espaces publics et que tout le monde semble considérer comme la norme. Je pense que c’est ce qu’on appelle la « musique de masse » (https://www.philomag.com/les-idees/la-musique-de-masse-et-la-nouvelle-ecoute-contribuent-avec-le-sport-et-le-cinema-a-rendre) qu’il ne faut pas associer à la « musique  populaire » qui a ses chefs d’œuvres. J’ai fait plusieurs tentatives d’écoute de votre radio sur Internet et j’ai chaque fois eu l’impression de tomber sur ce genre de musique.

Dans son livre « La haine de la musique », Pascal Quignard (https://www.babelio.com/livres/Quignard-La-haine-de-la-musique/6389) dit que l’oreille n’a pas de paupière et que la musique peut s’imposer jusqu’à devenir une souffrance sonore.

Je ne suis certainement pas représentatif de vos auditeurs. Mon oreille est sans doute trop sensible (je l’ai fait tester). J’ai tendance à tout entendre et la violence des sons est pour moi une souffrance. Réciproquement, mon oreille me procure beaucoup de plaisir quand la musique et les sons la respectent.

Bien à vous,

Frédéric Denizet »

scandale d’état, scandale de peuple

Un scandale d’état, ça n’est pas beau. L’état, ainsi que ses représentants se doivent d’être irréprochables. Ils méritent bien sûr d’être jugés et éventuellement condamnés s’ils sont coupables.

Curieusement, on ne parle jamais de scandale de peuple. C’est comme si d’un côté il y avait l’état, le pouvoir qui est forcément mauvais et de l’autre côté le peuple qui est forcément bon parce qu’il est supposé opprimé par le pouvoir.

On pourrait pourtant voir la consommation de tabac comme un scandale de peuple : le peuple sait que le tabac est toxique, il sait que les conséquences de cette consommation ont une grosse influence sur le budget de l’état, donc sur les impôts et pourtant le peuple continue à s’empoisonner… Je suppose que dénoncer un scandale de peuple est en soi scandaleux et qu’il vaut mieux éviter d’en parler.

Le tabac n’est qu’un exemple bénin mais il y en a tant d’autres que je vous laisse deviner. Je ne vais pas détailler parce que je vais me faire massacrer…

A propos de la coupe du monde de foot

Il n’y a que ça, difficile d’y échapper.

Je n’ai jamais vu de match de foot de ma vie. C’est très embarrassant quand quelqu’un aborde le sujet dans la conversation. Je commence par dire que je n’ai pas la télévision et que non je n’ai pas non plus suivi le match à la radio, non, non je ne suis pas non plus allé chez le voisin ou au bar pour bénéficier du spectacle en grand écran avec l’ambiance et tout et tout, non non, même si c’est la finale. Pour l’interlocuteur c’est une consternation embarrassée…

Ce que je comprends du foot c’est que c’est un énorme bizness qui a besoin de spectateurs pour produire des milliards.

Ce que je ne comprends pas c’est que le peuple se prête à cette manipulation dans laquelle l’individu n’est qu’un pion au service de l’argent et du pouvoir.

A propos de la limitation de la vitesse à 80 km/h

Je suis pour : il y a eu plus de 500 000 morts sur les routes de France depuis ma naissance… et des millions de blessés.

Enfant, (avant la limitation de vitesse et les ceintures de sécurité) j’ai vu de nombreux accidents sur la N7, des accidents qui montraient une mort violente.

On sait que la vitesse n’est pas toujours la cause des accidents mais c’est toujours un facteur aggravant. On sait (ou on ignore) que l’énergie « cinétique » d’un mobile en mouvement augmente avec le carré de sa vitesse. De toute façon on l’oublie quand on appuie sur l’accélérateur.

La vitesse ne m’a jamais tenté. Je n’ai toujours pas compris ce que ça a d’excitant ou d’agréable. C’est peut-être pour ça que ma voiture est une 2CV. J’ai toujours préféré rouler tranquillement plutôt d’aller vite mais je me suis toujours forcé à rouler au maximum de la vitesse autorisée pour ne pas ralentir le trafic.

On a pu lire un répertoire étendu de ce que la mauvaise foi pouvait inventer pour dénigrer cette abaissement de la limite à 80 km/h. Certaines personnes disent qu’elles risquent de s’endormir quand elles roulent lentement. D’autres disent qu’elles vont devoir garder les yeux rivés sur le compteur. Il est prouvé par certains que c’est pour enrichir l’état grâce aux radars. Il paraîtrait que nous sommes dans un pays où on n’a plus droit de rien…

J’ai l’impression que beaucoup de personnes confondent liberté individuelle et liberté publique. Dès qu’on est dans un espace public, les libertés individuelles sont subordonnées aux libertés publiques. Et moi j’ai bien envie d’être libre de prendre la route sans me sentir en danger à cause de personnes qui font primer leur liberté individuelle sur les libertés publiques. Il ne faut pas confondre liberté et transgression. Rouler plus vite que les vitesses autorisées, ce n’est pas une liberté, c’est une transgression. Transgresser pour se sentir libre, c’est paradoxalement très contraignant ! Et paradoxalement, rester dans les limites définies par les lois, respecter les libertés publiques donne un grand sentiment de liberté pour une personne qui n’a pas besoin de transgresser.

Les deux roues motorisés compteraient pour environ 2% du trafic et 25% des morts. Les motards mettent systématiquement en cause les mauvais conducteurs et le mauvais état des routes alors qu’ils se définissent comme plus fragiles. Soit. En toute logique, on devrait observer que les motards prennent beaucoup moins de risques que les automobilistes puisque les mauvais conducteurs, le mauvais état des routes et leur fragilité les expose bien plus que les automobilistes. Je suis désolé mais c’est le contraire que j’observe. De mon point de vue, les deux roues motorisés se conduisent comme des véhicules prioritaires : non respect des limitations de vitesse, des lignes continues, des priorités…Ils exigent souvent que vous vous décaliez à droite et enjambiez la ligne de rive pour les laisser passer. La seule différence, c’est la sirène, bien que le bruit de leurs moteurs soit souvent très élevé. Il y a toujours eu des délinquants mais ce qui est scandaleux c’est qu’on les laisse faire et qu’ils puissent ostensiblement bafouer le droit et les libertés publiques. Evidemment, quand on leur dit qu’ils vont devoir rouler à 80 km/h…

On aurait évidemment souhaité que l’Etat fasse respecter la loi au lieu de la changer. Néanmoins, il suffit de quelques pour cent de citoyens convaincus que la nature d’une loi c’est d’être la même pour tous, pour avoir un effet régulateur sur le trafic.

Il y aura toujours des personnes pour penser qu’une loi n’est bonne que lorsqu’elle les avantage. On peut imaginer que ces personnes rêvent de l’Ancien Régime et souhaite la restauration des privilèges. Ce qui est révolutionnaire aujourd’hui, c’est d’être citoyen !

Les voitures actuelles sont très élaborées du point de vue technique et très puissantes (et très coûteuses). Les 602cm3 et les 29 cv de ma 2CV (en fait 3 CV fiscaux) semblent bien ridicules. Elle m’a emmené partout et ne m’a presque rien coûté. Elle vaut même plus cher qu’à son achat.

La limitation à 80 km/h me permettra d’aller bien plutôt que d’aller vite.

A propos de l’abstention animale

Je préfère dire « abstention animale » plutôt que « vegan » qui porte avec lui un contexte culturel qui pourrait brouiller la réflexion.

Il y a donc des personnes qui s’abstiennent de consommer tout ce qui pourrait venir de l’exploitation animale : viande, poisson, laitages, œufs, miel, cuir, laine… Je tiens en grand respect ces personnes qui font preuve d’abnégation en pratiquant cette contraignante abstention animale. Il n’est sans doute pas facile de renoncer à ces produits et très difficile de dépister tous les produits dans lesquels ils sont mélangés, parfois très discrètement : crème pour la peau…

C’est sans doute aussi un cas de conscience au sujet de nombreux produits qui ne contiennent pas de matière animale mais dont la production a causé une mortalité animale cachée mais réelle : la plupart des produits alimentaires sont obtenus en utilisant des pesticides qui tuent des masses considérables d’animaux, particulièrement des insectes.

Ma réflexion m’amène à penser que ce mouvement pour l’abstinence animale rompt une deuxième fois le pacte qui unit l’homme et l’animal domestique.

La révolution du Néolithique qui s’amorce il y a 12000 ans environ va très progressivement transformer les chasseurs cueilleurs en agriculteurs éleveurs. Cette évolution va avoir pour conséquence l’accroissement continu du nombre d’humains et la complexification des sociétés. Tout au long de cette période et jusqu’à nos jours, les humains domestiquent des animaux et créent des espèces qui dépendent des soins qu’ils leur prodiguent. Un pacte est de fait scellé entre l’animal domestique et l’homme : l’homme prend soin de l’animal et lui assure deux besoins fondamentaux : la nourriture et la reproduction assurant ainsi la pérennité de la race. En échange, l’homme dispose de la vie de l’animal. Ce pacte a ainsi assuré à la fois la survie humaine et la survie des espèces domestiques. Jusqu’à une époque récente, les humains et les animaux vivaient dans une certaine intimité, les animaux avaient un nom et vivaient à proximité des humains leur assurant parfois le chauffage.

Ce pacte a été rompu une première fois avec l’industrialisation de la production animale comme l’illustre l’élevage en batterie et bien sûr l’abatage industriel dénoncés par l’association L 214. Ce sont des pratiques barbares qui permettent d’obtenir à bas prix une nourriture qui a perdu ses qualités, son goût et qui est devenue indigne et quasiment « impropre ». Les financeurs, les producteurs, les distributeurs en sont responsables mais aussi les consommateurs qui cautionnent ces pratiques.

Ce pacte est rompu une deuxième fois par l’abstention animale qui condamne les espèces domestiques à disparaître parce qu’il n’y a aucune raison d’entretenir des animaux décoratifs. Indirectement, la disparition des vaches, moutons, brebis… condamne les prairies qui sont le lieu d’une biodiversité spécifique. Par exemple, les papillons sont inféodés aux prairies. Plus de la moitié des papillons d’Europe a disparu entre autres à cause de l’abandon des prairies lié à la production industrielle des nourritures animales.

Que faut-il encore penser des animaux domestiques, en particulier nos compagnons chiens et chats qui consomment de grandes quantités de nourriture animale produite industriellement ?

Le débat est bienvenu.

A propos de jauni…

Je jaunis à l’idée d’être passé à côté d’un héros de la nation sans en rien connaître.

Ce fut un choc ! Nous étions dans un restaurant de terroir (un ancien chais) dont les murs étaient ceints de phrases célébrant la culture catalane (Pyrénées orientales oblige). La nourriture était fort bonne, en l’ occurrence une sarzuella. Bien que la sarzuella semble plus madrilène que catalane, tout allait bien grâce aussi à un honnête vin blanc. Cependant, l’ambiance était bruyante : les voix des convives, le bruit d’une autre salle mitoyenne, le tout noyé dans une « musique » indéchiffrable mais déplaisante.

Il se trouve que la serveuse, s’est arrêtée à notre table pour nous demander si tout allait bien. Elle a dû s’inquiéter de ma mine renfrognée que je ne sais pas cacher quand les oreilles me tintent. Je lui ai dit qu’il me semblait entendre quelqu’un crier et que j’en étais fort inquiet car j’imaginais bien que son établissement ne pouvait pas être aussi l’office d’un arracheur de dents. Elle sembla déstabilisée pendant quelques secondes puis son visage s’éclaira :

_ C’est jauni ! dit-elle avec entrain.

_ Pardon ? répondis-je.

_ Oui, insista-t-elle, c’est jauni !

_ Si vous dites que c’est jauni, répondis-je, pour moi c’est obscur…

Je sentis qu’elle allait insister en disant quelque chose comme :

_ Mais Monsieur, je vous assure que c’est bien jauni !

Mais elle n’insista pas et s’empressa de courir à la table du fond pour faire son service et tenter de dissiper le malaise qui s’était emparé d’elle.

Heureusement, ma très Chère est pleine de bontés pour moi et si elle n’a pas la prétention de refaire mon éducation au moins essaie-t-elle de rattraper mes funestes égarements.

C’était donc le héros national, célébré par le bon peuple et tout le beau monde qui a besoin d’être vu et entendu pour exister. Il est vrai que si je faisais l’effort d’avoir la « télé » et de la regarder, je serai un peu plus cultivé et un peu moins niais.

Voici donc pourquoi  je jaunis à l’idée d’être passé à côté du héros national que tout le monde célèbre alors que, sot que je suis, je ne sais rien de lui.

Ne sachant rien de lui, je ne saurais émettre la moindre critique au sujet de son art. Néanmoins la presse semble avoir insinué que le jauni n’était pas tout à fait blanc parce qu’il avait du mal, paraît-il, à payer son impôt.

Voici une chose que je ne comprends pas : comment le bon peuple peut-il s’enticher des riches, les rendre encore plus riches bien que ces riches les pillent et ne restituent pas leur cote-part sous forme d’impôt pour les écoles, les hôpitaux…

Chanteurs zala mode, foutbaleurs, zacteurs, marques de fringues ou de boissons, le peuple se saigne pour vous et vous en voulez toujours plus ! Et toi le peuple, tu te saignes aveuglément et tu pleures celui qui sans toi ne serait rien !

Je vous dis ça en écoutant ce bon Thomas Tallis et je vous assure que je ne jaunis pas à l’entendre…

 

à propos de l’écriture inclusive

Je suis, a priori, contre. Il y a sans doute beaucoup de bonnes raisons d’être contre mais j’ai mieux compris en lisant un texte dans lequel l’écriture inclusive était utilisée avec le pronom impersonnel « on », par exemple : « On est fatigué.e.s après un effort. » Dans cette phrase, « on » est certes impersonnel mais pas neutre avec l’écriture inclusive puisqu’il devient à la fois masculin, féminin et pluriel. Je me rends compte que j’avais toujours donné une valeur neutre à « on » et que finalement le masculin c’est d’abord un neutre avant d’être un genre comme dans « L’homme descend du singe. »

Comment accepter que « la virilité » soit féminin ? Il y a bien un genre grammatical arbitraire d’une part et d’autre part un genre sexué quand il s’agit d’un être et ce genre n’est donc pas arbitraire mais dépendant du sexe.

Si on commence à vouloir superposer les deux, ça va être compliqué…