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Le potager en juin

Les tomates sont en place : environ 300 plants issus de nos semis en 40 variétés différentes : pour la salade, pour cuire, pour faire du coulis, pour déshydrater. Il y a même des tomates bleues. A part les Roma qui sont plus loin, les plants sont tuteurés sur bambous. Grâce à la pince à tuteurer ça va assez vite. Les plants sont taillés pour éviter d’avoir d’énormes buissons qui finissent par s’effondrer.

La parcelle commence à être bien occupée. Les fèves, petits pois et oignons ont laissé place aux légumes d’été. Les courgettes font des merveilles. Les grosses chaleurs qui arrivent vont être fatales aux salades.

Dans le jardin des aromatiques, la collection s’est enrichie.

contre les sangliers

L’été dernier les sangliers ont fait de nombreux dégâts.

Impossible de tout clôturer !

Voici une idée :

Dans la pépinière, un vieux grillage est étalé au sol et ancré avec des fers en U. Il faut 2 longueurs par rangée. Les longueurs sont reliées entre elles à la pince agrafeuse. Les sangliers passeront mais ne pourront pas gratter parce que leurs sabots se prendront dans le grillage.

A vérifier…

Dans la terre…

En remuant la terre, on dérange tout un monde qui échappe le plus souvent à notre attention.

Ici, un orvet dérangé pendant son hibernation : Il s’agit bien d’un lézard et pas d’un serpent. On peut le prendre sans crainte dans la main mais il n’aime vraisemblablement pas ça.  C’est un auxiliaire très utile au jardin  notamment pour le contrôle des insectes.

Et là, une testacelle mais laquelle ?

Nous en avions déjà parlé à propos des invasifs. C’est un mollusque qui mange les lombrics mais il semble que ce ne soit pas un invasif…

Vue de dessous :

Pour s’en débarrasser, une solution rapide et efficace :

la saison nouvelle

C’est encore l’hiver mais il y a déjà des fleurs partout.

Les prunus ont donné le signal du début.

Amandiers, pruniers, abricotiers ont commencé à fleurir en prenant des risques : l’hiver n’a pas dit son dernier mot.

Les abeilles qui ne sont pas mortes à la fin de l’été trop sec ou pendant les semaines les plus froides sont déjà au travail.

Certains arbres en sont encore à bourgeonner :

L’amandier Ferragnès,

Le frêne.

Les orchidées sauvages commencent aussi à fleurir :

Et la plus humble fleur ne veut pas être en reste :

les Jardins Sigalloux commencent une nouvelle saison.

En quelle saison sommes-nous ?

Des boutons de fleurs …

ce sont bien des fleurs de pommier…

C’est un pommier qui fleurit… Mais ce qui n’est pas normal, c’est que nous sommes en automne, fin septembre et que ce n’est pas la saison !

Ce pommier « Reine des reinettes » a 5 ans environ.  Il est largement paillé avec du BRF et a reçu un peu de MV 100. Il a été régulièrement arrosé : 100 litres tous les15 à 20 jours depuis le mois de juin. Il est possible que l‘été chaud, sec et venteux que nous avons connu ait provoqué une dormance estivale prolongée. En sortant de dormance, le pommier s’est cru au printemps et a fleuri. Les fleurs seront probablement pollinisées par nos abeilles et des petites pommes se formeront qu’il faudra enlever. L’ennui c’est qu’au printemps prochain ce pommier ne fera probablement pas de fleurs.

D’autres pommiers ont bien mieux réagi au stress estival : ils ont gardé un feuillage bien vert.

Il faut aussi continuer à planter des arbres de « couverture » pour faire de l’ombre aux fruitiers. 3 tilleuls ont déjà été plantés et ont bien résisté. Des mûriers sont aussi en place mais ils mettront des années à apporter de l’ombre à leurs voisins.

jardiner autrement

La SNHF nous a demandé un petit article pour nous présenter, décrire notre jardin et expliquer nos techniques :

La Campagne Sigalloux a été acquise par mon ancêtre Pons-Charles Sigalloux en 1794. C’était un beau placement : à cette époque la terre rapportait bien. La propriété s’est transmise de génération en génération. Mais quand je l’ai reprise, il n’y avait plus aucune culture. Après partage et expropriations, il ne reste que 3.5 ha. Je n’ai pas voulu créer une activité agricole parce que j’étais instituteur et que je sais que la terre demande beaucoup de travail pour peu de gains. Par contre, j’ai voulu recréer l’esprit des bastides d’autrefois avec cet attachement viscéral à la terre qui nourrit. Depuis le partage familial de 2004, j’ai recréé un verger avec des variétés anciennes et un potager pour avoir des fruits et des légumes frais et sans pesticides. Pourquoi sans pesticides ? Ça me paraît tellement évident que je trouve inutile une quelconque justification…

Depuis, j’ai pris ma retraite et Annik m’a rejoint. Annik a laissé son travail, sa famille et sa Belgique. Question jardin, elle en connaît un rayon. Néanmoins le contexte climatique méditerranéen l’a obligée à revoir complètement tout ce qu’elle avait appris. Avec elle, le jardin a pris une autre dimension : il s’est étendu en surface et enrichi (associations de cultures, rotations, multiplication des variétés, biodiversité…). Nous faisons tous nos plants à partir de semences. Nous faisons aussi beaucoup de plants par bouturage. Nous avons aussi planté la roseraie, l’olivette, la safranière, le jardin des aromatiques, installé un poulailler et des ruches…

Nous avons également créé une association pour faire de l’éducation à l’environnement, auprès des scolaires mais aussi auprès des adultes. Nous organisons chaque année une bourse aux plants qui connaît un succès croissant. Nous participons à la Semaine du Développement Durable, souvent en collaboration avec la commune. Nous participons également aux « Rendez-vous aux jardins » fin mai. Pendant ces deux jours nous rencontrons beaucoup de jardiniers et c’est l’occasion de partager nos expériences.

Nous abritons également un « espace-test agricole ». Pour résumer c’est une comme une couveuse d’entreprise mais pour un agriculteur. Nous mettons à disposition gratuitement un hectare qui est exploité en maraîchage bio. Le contrat ne dépasse pas trois ans et le « testeur » doit donc s’installer pour de vrai. Cet espace-test va évoluer au terme d’un projet qui réunira l’ADEAR du Var, la communauté de communes Cœur du Var, la Chambre d’agriculture, Agribiovar… pour en faire un espace-test orienté en permaculture et qui sera à la fois un lieu d’expérience et un lieu pédagogique.

Cette année, nous participons à la formation de « jardinier formateur » dans la perspective de l’interdiction des produits phytosanitaires chimiques à partir du 1er janvier 2019. Cette formation que nous conseillons vivement nous donne une culture scientifique vraiment nécessaire. Elle nous permet d’améliorer nos pratiques. Elle nous forme pour que nous puissions transmettre les « bonnes pratiques » localement.

Notre jardin est essentiellement un jardin vivrier qui nous donne une certaine autonomie alimentaire mais c’est beaucoup plus. Dans son roman « L’enfant et la rivière », Henri Bosco parle avec lyrisme de la nourriture qu’on se procure par soi-même. Il écrit : « Cette nourriture donne à celui qui la mange des facultés miraculeuses car elle unit sa vie à la nature. » Au-delà de la nourriture saine et savoureuse que nous obtenons de notre jardin, nous retrouvons un lien profond avec la nature : le cycle des saisons, le rôle de tous les êtres vivants qui partagent un même territoire, le travail des êtres invisibles dans la terre, les oiseaux diurnes et les discrets animaux nocturnes, le rôle essentiel de l’eau et le grand moteur de tout, le Soleil.

Pour nous, jardiner autrement c’est bien sûr jardiner sans pesticides mais c’est aussi vivre autrement. Nous avons fait le choix d’une certaine sobriété de vie, nous sommes ouverts au partage et aux rencontres, nous vivons sans télévision.

Le climat méditerranéen nous impose des contraintes particulières. Nous avons souvent des températures élevées en été ainsi qu’une sécheresse sévère pendant quatre mois environ. Les années favorables nous avons un orage en août mais le plus souvent il ne tombe rien ou presque rien de mai à octobre. La ressource en eau est donc cruciale. Nous avons la chance d’avoir un canal d’arrosage qui traverse notre propriété et dans lequel nous pouvons en principe toujours puiser. Néanmoins son niveau baisse de manière inquiétante en fin d’été. Mais le pire, c’est le Mistral, ce vent sec et violent qui chez nous souffle de l’ouest souvent plusieurs jours de suite, parfois six jours sans pause. Avec des rafales à 70 km/h (mais parfois jusqu’à 120) et des températures maximales souvent supérieures à 35°C, la végétation souffre. L’évapotranspiration est très importante et quand elle n’est plus possible, les plantes entrent en dormance. Essayez donc de faire pousser une salade devant un sèche-cheveux… Pour en rajouter un peu plus, ce climat est très apprécié des insectes et arachnides piqueurs et suceurs : l’araignée rouge se gave de chlorophylle, tout comme le tigre du pommier mais ce ne sont pas les seuls. La fourmi d’Argentine est un de nos gros problèmes : omniprésente, agressive et vorace, elle envahit tout, décapite les jeunes plants d’aubergines, déchiquette les tiges de haricots et pille les fruits dans les arbres avant même leur maturité…

Il se peut malheureusement que toutes ces contraintes s’aggravent dans les années à venir avec ce qu’il est convenu d’appeler le changement climatique.

Pour continuer à jardiner malgré ces contraintes, depuis des années nous mettons en place et nous améliorons des techniques dans le but de créer un micro-climat plus favorable à la végétation et une biodiversité aussi variée que possible. Nous plantons sans arrêt de nouveaux arbres. Nous installons des haies. Nous laissons des espaces sauvages. Nous paillons beaucoup. Nous produisons des quantités conséquentes de BRF et d’herbes à composter. Nous utilisons des purins d’ortie et de prêle pour fortifier les feuillages. Nous cultivons sur butte au printemps et à l’automne et en cuvette en été. Nous associons un arrosage au goutte à goutte et un arrosage par aspersion.

Nous sommes sans cesse à la recherche de plantes adaptées. Nous sélectionnons plus attentivement les variétés que nous installons et Annik en vient de plus en plus à faire ses propres semences. Pour les arbres fruitiers nous en venons à faire nos propres arbres par bouturage ou greffage après avoir observé le comportement des porte-greffes et des variétés.

Jardiner reste une aventure passionnante. Nous continuons à apprendre et à expérimenter pour notre plus grand plaisir, les projets ne manquent pas.