la campagne

C’est une bonne terre, profonde, un petit bout de plaine avec une rivière. Les romains l’avaient mise en valeur et c’est sans doute eux qui avaient construit le réseaux de canaux qui permettait de l’irriguer.

Au XVIIème siècle il y avait un édifice carré à deux étages : une pièce voûtée surmontée d’un pigeonnier avec des centaines de niches. Cet édifice a été construit sur une canal qui alimentait aussi les moulins. Peut-être y a-t-il eu un moulin à huile dans cette pièce voûtée. Un morceau de pierre meulière a été retrouvé tout près.pigeonnier

Au XVIIIème siècle la partie centrale de la maison a été construite.cour

Les ouvriers ont laissé une signature et une date dans le plâtre : 1745. signature« Charles… 1745 au Luc »

A cette époque, c’était une maison de propriétaire bourgeois, de « ménager ». Tout y était organisé pour répondre aux besoins de la famille. On y cultivait surtout de l’herbe pour les chevaux et les vaches. On y cultivait certainement du blé, de la vigne, des oliviers, des arbres fruitiers et un potager comme en témoigne l’acte de vente. On y élevait des chevaux, des ânes, des mulets. Ce sont les fers que nous avons retrouvés qui en témoignent. Il y avait deux bergeries, des porcheries et une basse-cour. On y élevait aussi des vers à soie dans la « magnanerie » du grenier, des « magnans ». Il y avait de nombreux mûriers qui servaient à les nourrir. Cet élevage servait à fournir de l’argent. Il en fallait bien même si on produisait l’essentiel de ce qui était nécessaire.

C’est un mode de vie qui correspond tout à fait aux publications de « La maison rustique » qui était une bible, une mine de conseils, de recettes… pour bien vivre à la campagne.maison rustique

Il ne faut pas essayer d’idéaliser cette vie mais rien ne peut empêcher d’y rêver. Les vieux paysans d’ici qui évoquent la vie d’avant guerre (avant la deuxième guerre mondiale) disent : « C’était dur, mais on était heureux ». Leur vie avait probablement plus de points communs avec le XVIII ème qu’avec la vie de de ce début de XXI ème siècle.

Au XVIIIème siècle il y a eu une amélioration des conditions de vie. Il faut imaginer un monde sans moteur mais plein d’activité dès le lever du soleil. Dans la campagne on entend le hennissement d’un cheval, les bêlements d’un troupeau, les hommes qui s’appellent, les battements du marteau du forgeron, les cloches de l’horloge ou celles de l’église… dans la maison on s’active en famille, et si tout le monde va travailler dehors dans la journée, le soir on se retrouve autour du feu et de quelques bougies.

La propriété a été achetée en viager en 1794 par Pons-Charles Sigalloux, il est devenu pleinement propriétaire en 1807 au décès de Jean-Balthazard Issaurat.acte

Elle n’a plus de vocation agricole parce qu’elle a été divisée au fil des successions et parce que la culture n’est malheureusement pas vraiment rentable.

L’enjeu était de retrouver en partie la vie du temps des bastides tout en aménageant un lieu de loisirs pour une vie rustique mais raffinée. Et s’il faut passer beaucoup de temps à travailler, il est bon de prendre du repos, de recevoir, de prendre du temps pour la lecture, l’écriture, la musique…

FD

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Une campagne, une histoire, la vie rustique en Provence