Le bail de 1807

acte 1807 1 acte 1807 2 acte 1807 3 acte 1807 4

Il a été convenu par la présente entre les soussignés, Pons Charles Sigalloux notaire public de la commune de Flayosc d’une part, et Jean Pierre et Charles Raibaud frères, le premier, propriétaire de la commune de Lorgues et y résidant, le second boucher résidant en cette commune du Luc que le dit Sigalloux arrente aux citoyens Raibaud frères solidairement l’un pour l’autre et un seul pour le tout sans division ni discussion au bénéfice de laquelle ils réu***cent la bastide, terres arrosables, prés, vignes et oliviers qui en dépendent dite le Pigeonnier située au terroir de cette commune du Luc quartier de la Retrache de la contenance et « confrons » les preneurs sont instruits.

Ne sont pas compris au présent arrentement et réservés au dit Sigalloux les jardins de la dite bastide ainsi que les appartements de maître, le grenier à foin et l’écurie par dessous qui se trouvent au derrière de la dite bastide et le pigeonnier.

Cet arrentement est fait pour quatre années et quatre prises de tous fruits qui prendront leur commencement par la récolte des raisins pendante qui sera des dits rentiers et moyennant la rente annuelle de deux mille neuf cent francs payables en deux quartiers égaux de mille quatre cent cinquante francs chaque dont le premier écherra le vingt-neuf septembre courant jour auquel les rentiers entreront en pleine jouissance des dites terres arrentées, le second six mois après et ainsi continuant de six en six mois pendant toute la durée du bail de manière que chaque quartier soit toujours payé par avance.

Les impositions foncières de la dite bastide et biens telles qu’elles sont établies ou qui pourront l’être dans la suite et de quelque part qu’elles proviennent sont à la charge des dits rentiers lesquels s’obligent à mener les terres en saison sans pouvoir les surcharger, de bêcher bien et dûment toutes les années et dans le temps et saisons la vigne et les oliviers et de faire tous les travaux nécessaires à la dite terre comme un père de famille. La vigne sera taillée par les ouvriers que le dit Sigalloux choisira et qui seront payés par les rentiers. Les oliviers seront tous taillés dans les trois premières années du bail. Toutes les cultures sont à la charge des rentiers lesquels entretiendront dans tout le cours du bail les rives et fossés nets de ronces et de boue et les laisseront de même à la fin du bail. Ils sèmeront sur les terres en chaume autant de haricots qu’ils voudront, et sur celles en guérets [jachère] ils ne pourront en semer que deux « panaux ». Les herbes des défendues et le pasquier [pâturage] si les rentiers en font seront mangées en vert sans qu’ils puissent les laisser grainer.

Le dit Sigalloux aura la faculté de prendre annuellement et à chaque récolte la quantité de paille qui lui sera nécessaire pour la nourriture de son cheval et pour sa bastide de La lauzade, ce qui ne pourra cependant pas excéder cinquante quintaux, de faire des sarments ce qui lui sera nécessaire et de mettre à la dite bastide la quantité de volaille qu’il voudra.

Il prendra annuellement le quart du marc des olives, et la moitié du bois provenant de l’émondage des oliviers lorsqu’ils seront élagués. Le transport du tout à la maison du dit Sigalloux est à la charge des dits rentiers.

Le dit Sigalloux prendra encore annuellement trente charges de fumier pour les jardins réservés.

Toutes les pailles seront consumées à la bastide sans pouvoir être diverties par le rentier et le fumier en provenant sera employé à l’engrais des dites terres.
Les fumiers, tant du troupeau qui mangera les herbes de la dite bastide que de celui que le dit Charles Raibaud entretient pour la boucherie, seront aussi employés à l’engrais des dites terres. Tous les dits fumiers seront mis de préférence au pied des oliviers, et ils ne pourront être employés ailleurs que lorsque tous les oliviers auront été fumés, et alors ils seront mis aux terres que le dit Sigalloux désignera. Les dits rentiers s’obligent encore de donner tous les ans septante cinq quintaux de foin au dit Sigalloux qu’il prendra au pré, savoir vingt-cinq quintaux à chaque fauchaison, la partie que le dit Sigalloux mettra à son grenier du Pigeonnier ci-dessus réservée y sera portée aux frais du rentier.

Tous les fruits menus des dits biens arrentés sont réservés au dit Sigalloux à l’exception des figues, des impériales et du fossé du dessus. Il se réserve encore quatre quintaux de raisin de provision toutes les années, et la faculté d’en faire cueillir quand lui et sa famille seront au Luc.

Les dits rentiers lui donneront encore annuellement neuf douzaines d’oeufs, six paires de poulets et deux « panaux » de haricots.

Ils recevront en capital soit du rentier sortant soit du dit Sigalloux tous les capitaux existant à la bastide et qui consistent en six charges de blé de semence, en une paire de bœufs, à toutes les pailles de la dernière récolte, à cinquante quintaux de foin, à deux charrues montées et garnies de leur soc et autres ustensiles, à des poules et un coq, aux guérets de la terre, duquel capital il feront leur chargement pour le rendre à la fin du bail en une même nature et de même valeur à nouvelle estime.
Le dit Sigalloux promet de faire avoir et jouir les susdits rentiers de la dite bastide et biens pendant la durée du présent bail et les dits Raibaud solidairement comme dessus s’obligent de tenir les dits capitaux et tous les fruits de la dite bastide en nom et titre de « constitut » et précaire du dit Sigalloux sans pouvoir les vendre à son préjudice jusqu’après le paiement de la dite rente et la restitution des dits capitaux.

Les parties promettent d’exécuter la présente sous l’obligation de leurs biens.
Faite à triple original au Luc ce vingt septembre mil huit cent sept
[20/09/1807] et a été de nouveau convenu que le dit Raibaud ne sera obligé qu’à employer le fumier du troupeau qui mangera les herbes du Pigeonnier à l’engrais des terres arrosables et quant à celui de son troupeau de la boucherie, il aura le droit d’en disposer à son gré quand il ne se nourrira pas au Pigeonnier.

 

Sigalloux

« japrouve lecriture cit dessus »

Ch Raibaud

Raibaud jean

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