VI les transformations effectuées par Bernard à son installation en 1948 et dans les années 70

Le terme de « transformation » est pris dans le vocabulaire de Paul (le frère de Bernard et l’oncle de Frédéric) qui a de son côté consacré une part de sa vie et de ses finances à améliorer sa bastide de Flayosc. Paul a souvent demandé à Frédéric où il en était de ses « transformations ». Il s’est toujours montré très intéressé même si sa nature ne le portait pas à des jugements enthousiastes. Il semble que ce terme de « transformations » ait traversé les âges et les générations.

Le partage des biens Sigalloux entre Paul et Bernard le 26 octobre 1951 par Maître LLosa notaire à Draguignan. Bernard s’installe en célibataire dans la maison. Quelques photos datent de cette époque :

années 50 1années 50 2années 50 4

Dans quel état Bernard a-t-il trouvé les bâtiments ? Colette rapporte que ce n’était que désordre et délabrement. Quand elle a découvert la propriété, elle l’a trouvée sinistre. Bernard a dû commencer par faire du rangement, réparer les toitures, aménager les pièces. Il disposait de meubles suite au partage et a pu s’installer même si une bonne partie des meubles était en mauvais état. Plus tard, c’est Colette qui va passer tous ces meubles à l’essence de térébenthine pour en chasser la saleté. Bernard va installer une salle de bains dans l’ancienne chambre des domestiques avec un lavabo, une baignoire et un bidet ainsi qu’un radiateur électrique avec une énorme hélice. Bernard va faire installer un chauffe-eau à gaz dans la cuisine et une cuisinière à bois à droite du potager. Un poêle à fioul installé dans l’entrée apportera un peu de chaleur en hiver, plus tard il sera installé à l’étage.

Le hangar est remonté. Un lavoir est installé sous le puits. Le poulailler qu’on voit encore sur les photos des années 60 est démoli parce qu’il était en trop mauvais état, il n’en reste que la marquise. Bernard installe son garage dans l’étable de la ferme. On trouve côte à côte la voiture et le tracteur et au fond les outils du tracteur. Il fera bétonner le sol de ce garage ainsi que celui de la bergerie plus tard.

Les années 60 70 connaissent de grands travaux : La façade est refaite en ciment gris. Quelques années plus tard, on aurait fait un beau crépi à la chaux hydrofugée et de couleur ocre (coquille d’oeuf) comme à l’origine. La pièce voûtée est aménagée en salle de séjour. Une salle de bain est aménagée dans la pièce qui jouxte le pigeonnier : 2 lavabos (filles et garçons) un bac à douche et les toilettes qui restent les seuls lieux d’aisance de la maison.

Un portail ferme l’entrée de la cour.

Bernard crée une pelouse devant la cour. Il plante une haie de troènes après le puits pour séparer l’espace agricole de l’espace de loisirs.

Bernard fait aussi rénover l’intérieur : peintures et papiers peints vont habiller les murs. La maison reste inconfortable : elle est impossible à chauffer correctement, les lieux de vie sont éloignés les uns des autres (cuisine et salle à manger à un bout, pièce voûtée qui sert de salon à l’autre bout), les toilettes sont éloignées des pièces de vie et des chambres. Colette a eu beaucoup de mérite pour faire en sorte que cette maison soit malgré tout propre, ordonnée et accueillante d’autant plus qu’elle s’occupait aussi de l’appartement d’Aix.

Bernard s’est toujours montré prudent. Il n’a pas voulu entreprendre de grands travaux qui auraient pu compromettre ses finances et il n’a jamais emprunté. Il l’a parfois regretté et même amèrement. Il aimait profondément sa propriété qui était peut-être aussi un lien avec sa mère très tôt disparue. Au terme d’une vie de dur labeur, il n’a pas pu bénéficier du confort qu’il aurait mérité pour lui et son épouse.

Au décès de Bernard en 1981, Colette investit l’assurance vie dans la création d’un logement au-dessus de la bergerie de la ferme. C’est Yves Denizet, fils de Maurice Denizet et lui aussi architecte qui dirige les travaux. Ce logement sera loué et permettra à Colette de disposer d’un petit revenu régulier et d’avoir une présence pas trop éloignée alors qu’elle se retrouve seule dans la grande maison. Elle va y rester jusqu’à l’été 2004 quand Frédéric s’installe à son tour dans la grande maison. Ce logement va lui permettre de disposer de plus de confort et d’avoir moins de charges même si elle est privée du revenu de son loyer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Une campagne, une histoire, la vie rustique en Provence