IV l’agrandissement arrière

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La prospérité semble continue pour la campagne. Le bastidan décide (avant 1835) d’agrandir son bien. Peut-être a-t-il besoin de loger ses enfants ou des anciens de la famille. Il n’y qu’un espace qui soit libre, c’est l’espace compris entre le chemin (la route des Mayons) qui suit la rivière Solliès et la partie centrale. Cet espace va être occupé au mieux puisque les murs vont suivre le tracé du chemin. Ce chemin est alors fréquenté par des paysans qui vont à leur jardin ou à leur champs à pied ou avec le cheval attelé à une charrette. La proximité de ce chemin ne devait certainement pas causer de gêne.

Il n’y a pas de mur porteur entre la pièce qui est à l’Est de la pièce voûtée et la grande cave mais seulement un mur mince avec une différence de niveau. Cette pièce n’a donc pas existé avant le pigeonnier. Et il n’y a pas de raison que la grande cave ait été construite en angle avant la partie centrale.

Il est donc vraisemblable d’imaginer que l’agrandissement à l’Est s’est fait d’un bloc après la partie centrale en s’appuyant sur elle.

Au rez-de-chaussée, il y a une grande cave avec une entrée de service au Nord. Les traces de cette entrée ont été trouvées quand Frédéric a démonté l’ancienne « pile » dans le mur Sud de la cuisine actuelle. On voit derrière la cuisinière le linteau en bois et de chaque côté des pierres de taille. Quand cette cave a été créée, une ouverture a permis la communication avec la petite cave de la partie centrale. Le sol est recouvert de grands carreaux de terre cuite et ces carreaux recouvrent aussi le sol de la petite cave ce qui explique que la première marche soit moins haute.

Un cellier est créé et à l’est de la pièce voûtée. Peut-être que la porte Est de la pièce voûtée a été percée à cette occasion. Il n’y avait pas d’ouverture au Sud dans ce cellier, c’est Pierre qui l’a créée après le premier partage de 1989. Il n’y avait pas de porte entre le cellier et la grande cave mais une ouverture carrée en hauteur qui devait servir à l’aération. C’est aussi Pierre qui a fait communiquer ces pièces et qui a divisé la cave en deux parties. On peut imaginer que le cellier servait à entreposer les produits de la campagne et tout particulièrement le blé et les céréales puisque, à cette époque, la ferme n’existait pas.

A l’étage, on trouve une chambre au nord pour les domestiques. Elle est carrelée avec des carreaux de terre cuite non vernissées. Colette se souvient que c’était la chambre de Joséphine, la domestique du chanoine Joseph Sigalloux. Joséphine a souvent vécu seule dans cette immense maison, sans confort, dont les toitures devaient fuir et les volets claquer par grand vent. Malgré la disponibilité de toutes les pièces, elle était cantonnée dans cette chambre exiguë mais faite pour les domestiques. Elle est morte d’un cancer à Nice après la guerre. Il y a ensuite deux chambres. La chambre Sud-Ouest est plus grande, elle dispose d’une cheminée, d’un placard et d’une alcôve. Les cloisons sont faites avec des briques creuses modernes qui témoignent d’une construction assez récente. Il y a aussi une petite chambre entre la chambre des domestiques et la chambre Sud-Ouest . Pour desservir ces chambres, il a été nécessaire d’aménager le grand couloir, donc de réduire la taille de la chambre Sud de la partie centrale. Ce grand couloir fait 4 m 20 de hauteur ce qui amènera Frédéric a créer une mezzanine bibliothèque dans ses transformations à partir de 2005. C’est probablement à l’occasion des travaux du couloir que sont créés les placards de la pièce Nord de la partie centrale (les placards du salon) et, de toute façon, le placard sous le couloir dans la pièce Sud (le placard du bureau). Le couloir dessert également la pièce qui jouxte le pigeonnier avec trois marches dont les carreaux sont en terre cuite non vernissée ce qui reste inexpliqué. Cette pièce qui est devenue une salle de bains était-elle déjà une salle d’aisance ? Dans les années 50, il y avait une cuvette de WC qui s’évacuait dans le canal. C’était le seul lieu d’aisance de la maison avec les toilettes entre la pièce voûtée et le poulailler. Au fond du couloir, il y a un lavabo qui s’évacuait aussi vers le canal. À cette époque, la toilette se faisait dans la chambre avec un meuble de toilette muni d’un miroir. On devait monter l’eau propre dans un broc et descendre l’eau salle bien qu’il s’avérait plus pratique de la verser par la fenêtre. Les tables de nuit disposaient d’un espace dans lequel se rangeait le « pot de chambre » ou « vase de nuit ».

Au deuxième étage, l’escalier de la partie centrale arrive sur un palier et deux chambres sont aménagées. Comme elles sont en tomettes, on peut penser qu’elles n’étaient pas réservées aux domestiques. On peut imaginer que, dans un premier temps, il y avait eu simplement un grand grenier dont il ne reste que la partie nord. La chambre qui est ou Sud-Est dispose de deux grands placards. C’est Frédéric qui a transformé le grand placard en alcôve. Il a isolé les murs et les plafonds de ces chambres.

La porte qui conduit aux greniers a été installée quand le mur Est a été percé pour accéder à ces deux dernières chambres. Auparavant, la porte devait se trouver en haut de l’escalier qui mène du palier des chambres de la partie centrale au palier du grenier.

Le grenier de la cuve a certainement été fait à ce moment-là. Il n’a pas été fait pour la cuve. La cuve a certainement été posée avant la deuxième guerre mondiale quand l’électricité a été installée dans tous les bâtiments. 

Le cadastre napoléonien de 1835 montre l’état des bâtiments avant la construction de la ferme.

cadastre napoléonien

FD

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