Tous les articles par Frédéric

floraisons

Des bourgeons qui gonflent lentement, puis soudain une explosion de fleurs. C’est magique ! ça reste magique ! Un inguérissable étonnement est de mise. C’est magique et miraculeux ! C’est le retour de la grâce de l’éternel vivant…

Les abeilles sont partout, dans l’urgence et l’ivresse de cette manne miraculeuse. Mais il y a aussi les bourdons, les abeilles charpentières, les syrphes, les papillons colibri, les abeilles solitaires, toute la multitude des butineurs obstinés, obsessionnels…

Tous invités à la fête des fleurs organisée par les arbres avides de descendance.

premier essaim le 23 février

La ruche n°VI s’est montrée forte depuis le début d’hiver avec beaucoup d’activité en milieu de journée. Certains jours ça s’énervait devant la ruche. Elle a été nourrie pour faire face à cette population. Et puis aujourd’hui elle a pété les plombs alors qu’il a fait particulièrement froid avec seulement 15°C en maximum. Heureusement qu’elle était surveillée comme du lait sur le feu. C’est donc le premier essaim de la saison mais c’est vraiment trop tôt parce qu’il n’y a pas assez de fleurs malgré la floraison des premiers amandiers et que les abeilles ne pourront pas faire de provision. L’essaim a donc été enruché avec un nourrisseur contenant du « candy » pour attendre des floraisons plus abondantes.

C’est toujours fascinant d’observer cette multitude qui obéit à des règles précises. Quand l’essaim est à bonne hauteur, c’est facile de faire tomber le plus gros des abeilles dans la ruche. La reine est généralement dans ce paquet et les abeilles vont rapidement en être informées. Elles vont progressivement la rejoindre. Elles font même un pont qui va permettre à des milliers d’abeilles de rentrer à pieds dans la ruche. Le pont aura tenu plus d’une heure.

Bien sûr, il y a eu quelques piqûres… C’est curieux mais ces piqûres arrivent au moment des premières allergies (les cyprès font des nuages de pollen) et vont complètement neutraliser l’effet de ces allergies.

Promesses…

Sans doute faut-il avoir déjà fait un bon bout de chemin pour avoir besoin de se retourner. Sans doute faut-il avoir atteint un certain âge pour se retourner sur son passé… et ce n’est pas sans frémir.

C’est parce que la mémoire est vivante, qu’elle interpelle le présent et s’y confronte. C’est la promesse de l’aube qui vient demander des comptes. Et des comptes, on en rend tous les jours. Et sans doute faut-il accepter d’avoir fait défaut, d’avoir égratigné sa vie et celle des siens, pour accepter de continuer le chemin et pour finalement le trouver beau.

Peut-être faut-il avoir atteint un certain âge pour fonder une autre promesse. Une promesse qui n’est pas faite de paroles mais composée de pierres, de terre, de plantes vivantes et d’arbres qui font un grand jardin bourdonnant d’abeilles et riche en promesses de fruits où la vie peut s’enraciner pour des générations et donner de vraies richesses et fonder la joie.

abeilles

S’occuper d’abeilles fait partie des vraies richesses. Et si le miel doré qu’elles fabriquent est un incomparable trésor, les connaissances à leur sujet est un émerveillement renouvelé, sans compter les énigmes que la science ne peut encore comprendre.

Une émission vient utilement nous rappeler que la nature est fascinante, que l’homme est également fascinant quand il cherche la connaissance.

Pour nous, cette connaissance nous est donnée et nous n’avons que le simple effort d’aller la chercher là où elle se trouve sans la moindre idée du travail aride qu’elle a demandé.

S’occuper d’abeilles, c’est toucher du doigt la profondeur du mystère de la vie.

Je suis de cette terre

C’est sans doute une formule inhabituelle mais c’est aussi une façon de dire quelque chose d’inhabituel.

Aujourd’hui, on est de partout et de nulle part et, finalement, on a peut-être plus d’affinité avec un mode de vie urbain, ses rites, ses rythmes, ses signes, ses codes… plutôt qu’avec une terre.

Là où la plupart des personnes ne voient qu’un paysage, fut-il agréable, je vois un monde. Certains lieux précis de la propriété portent des souvenirs indélébiles (le gros mûrier près du vieux verger) et tant d’autres qui me lient à une jeunesse passée mais évocable à volonté, aux disparus, particulièrement à mon père qui a dompté cette terre jusqu’à la rupture, mais c’est aussi mon histoire depuis que j’interviens dans ce paysage. Ces arbres que j’ai plantés, que je vois grandir et je vois nus, en fleurs, en fruits. Les projets que j’ai réalisés, tous les aménagements. Ce paysage où je guette tout signe qui pourrait avoir un sens. J’interroge les bourgeons à la fin de l’hiver, je guette les plantes qui germent comme les plants de coquelicots qui sont là dès février, je guette les fleurs et je cherche les éventuelles butineuses. En passant près des orchidées sauvages qui sont déjà en feuilles, je leur demande : « C’est pour quand ? » et elles me répondent d’une si petite voix que je ne peux l’entendre. Je m’inquiète de l’avance de la saison, de cette douceur précoce qui provoque l’éclosion des bourgeons floraux et qu’un retour du froid fera avorter. je m’inquiète du bal énervé des abeilles devant les ruches alors qu’un essaimage précoce serait suicidaire.

J’inscris ma vie, mon histoire dans cette terre. Je sais que tout cela me survivra et que pour une part, je survivrai dans cet élan de la vie.

Je suis de cette terre.

les « cochonniers »

Le mot « cochonnier » n’existe pas dans la langue française mais c’est ce mot qui a toujours été utilisé ici pour désigner les soues ou loges à cochon qui étaient au nombre de 4 et dont 2 sont encore debout.

Dans le premier « cochonnier » on trouve le «  »magasin » : tous les matériaux et produits (peintures, vernis, huiles moteur, plâtre…) ainsi que des pièces mises de côté pour servir un jour. C’est pas trop mal classé et on s’y retrouve. Ce qui gêne, ce sont les objets qui attendent d’aller à la déchetterie: cartons, bidons d’huile de vidange, objets irrécupérable…

Le deuxième « cochonnier » contenait les chutes de bois. Tout a été sorti et trié. Le plafond a été cassé, le sol creusé et aménagé avec 500 kilos de « toutvenant ». Maintenant, en entrant, on trouve à gauche toutes les huisseries (portes, fenêtres, volets…) et à droite les chutes de bois (pièces de bois, plaques d’aggloméré, tasseaux…) destinées au bricolage.

l’entrée du cochonnier bois

C’est formidable, on trouve tout de suite ce qu’on cherche.

Le garage est libéré de tout ce qui ne sert pas régulièrement et dans l’atelier il n’y a que les outils.

Jody a 5 ans

Elle a toujours cet air sérieux, mais ce n’est pas tout à fait ça. Elle est toquée de balles et il faut passer son temps à les lui envoyer. Elle en perd tout le temps mais elle en retrouve aussi. Elle est toujours aussi affectueuse. Son appétit n’a pas diminué.

C’est une compagnie dont il serait difficile de se passer…