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le verger a 15 ans

Le verger de pruniers vers la fin des années 60.

Petite histoire : En 2004, quand Frédéric s’installe à la Campagne Sigalloux, les pruniers de Bernard (son père) ont été arrachés depuis des années et la seule intervention se réduisait à passer le broyeur une fois par an. Mais Frédéric a mûri son projet, il veut des arbres fruitiers, des variétés anciennes et il veut les cultiver sans pesticides. C’est ambitieux parce qu’il n’a aucune expérience, il travaille à plein temps, la maison est en travaux et il y a trois enfants à la maison. De plus les sols sont restés très pauvres et c’est le chiendent qui domine.

A l’automne 2004, Frédéric loue une camionnette et va jusque dans le Vaucluse chez Jouve-Racamon chercher des arbres.

Monsieur Carlès fait des trous avec son tracto-pelle, les arbres sont mis en place avec un peu de fumier : https://blog.sigalloux.fr/le-plan-du-verger/

Les premières années du verger ne sont pas très favorables aux arbres : manque de temps, de connaissances et d’expérience. L’arrosage se fait en été avec la grosse pompe de 5,5 kw. Il faut déplacer les tuyaux de 6 mètres. C’est long et fastidieux. Malgré l’usage d’engrais organiques, les arbres manquent de nutriments et d’eau. Les cerisiers ont des brûlures de soleil sur le côté du tronc au Sud Ouest. Les pommiers ont probablement été greffés sur des porte-greffe nanifiant qui limitent leur développement. Les pêchers ont du mal à survivre à la cloque. Les oliviers ont l’œil de paon. les poiriers sont rachitiques…

Sol pauvre, variétés inadaptées, porte-greffe inadaptés, apports nutritifs insuffisants, irrigation insuffisante, ravageurs et maladies pas maîtrisés, pas de protection contre le vent… certains arbres meurent, d’autres produisent très peu. Néanmoins, il y a une production et la plus grande partie des arbres est toujours là 15 ans plus tard.

Plusieurs facteurs vont intervenir pour profondément modifier les pratiques et changer la conduite du verger : la retraite donne du temps, l’expérience produit des connaissances.

Le verger dans le contexte des Jardins Sigalloux.

La fertilisation a été améliorée par l’utilisation du broyeur à marteaux sur le tracteur Renault 70 et va permettre de produire des quantités significatives de matière organique qui sera utilisée comme BRF ou comme paillage.

Ainsi, chaque arbre reçoit au moins 100 litres de matière organique par an. Le BRF est obtenu avec ce qu’on considérait comme des déchets verts qui étaient autrefois brûlés. Selon la saison cela peut varier des feuilles de platane en automne au bois de taille des figuiers en hiver. Néanmoins, de l’herbe de tonte est systématiquement mélangée à cette matière ligneuse pour avoir un rapport carbone/azote correct et éviter la « faim d’azote » provoquée par un apport ligneux qui mobilise l’azote du sol et en prive les plantes. L’aire de broyage fait une trentaine de mètres, elle est constamment alimentée par des apports. Certains voisins viennent y apporter leur tonte et le bois des coupes d’entretien. Il serait intéressant de compter le nombre annuel de séances de broyage et donc de m3 produits. Broyer n’est pas très agréable : bruit (il faut porter une protection), vibration, poussière (il faut porter un masque). Après plusieurs passages du tracteur en 1ère lente, il faut retourner l' »andin » de matière puis passer à nouveau et retourner de l’autre côté de manière à ce qu’il ne reste plus de branches dessous. Selon la quantité de végétaux, leur dureté, leur résistance, il faut plus ou moins de passages pour arriver à un morcellement suffisant. Le petit tracteur et sa benne permettent le transport du BRF obtenu et la livraison au pied des arbres.

Les apports réguliers de matière organique sous forme de BRF a permis de nourrir les arbres, la « pourriture blanche » observée dans le BRF humide montre le travail de digestion du bois et favorisera la mycorhization. Quand il y a de la matière organique, de l’air , de l’humidité et pas de pesticides, le sol devient un milieu vivant d’une grande richesse et tous les êtres vivants qui s’y trouvent produisent des déchets qui finiront par être des nutriments pour les plantes. Le BRF permet aussi de limiter l’évaporation du sol et de limiter les herbes sauvages. On voit maintenant en automne des champignons divers qui étaient inexistants avant. Il y a quand même des inconvénients : les sangliers vont avoir envie de gratter pour trouver des lombrics et les fourmis risquent de s’installer dans ce petit paradis qui leur offre le gîte (chauffé par la fermentation) et le couvert avec cette matière organique en abondance.

L’irrigation a été bien améliorée : La grosse pompe est abandonnée pour une plus petite pompe compatible avec le débit du ruisseau et la mise en place d’un réseau en diamètre 32. Chaque arbre reçoit ainsi 100 litres d’eau tous les 10 jours environ pendant les 4 mois de sécheresse au cours desquels les rares pluies ont été insignifiantes et le Mistral encore plus pénalisant que les hautes températures. En 2019 l’arrosage a nécessité 200 heures tout au long des 4 mois de sécheresse de la mi mai à la mi septembre, ce qui fait en moyenne plus d’une heure et demi consacrée à ce travail chaque jour, ce n’est pas négligeable. La pompe a un débit nominal de 5m3/h mais le débit réel est sans doute plus près de 4m3 à cause des pertes de charge (longueurs, coudes…) Il a donc fallu entre 800 et 1000 m3 d’eau pour le seul verger, c’est beaucoup et pourtant 2019 n’a pas été une année particulièrement sèche. On comprend que la disponibilité de l’eau est un problème sérieux. L’irrigation pourrait être améliorée en investissant dans du matériel. Cet investissement continuera à se faire au fil des années.

La densification est importante pour la création d’un micro-climat et pour l’installation d’une biodiversité utile à tous les niveaux (fertilisation grâce à un sol vivant, pollinisation, lutte contre les ravageurs…) Les inter rangées ont été plantées d’arbres (mûriers, tilleuls) et d’arbustes (lilas des Indes, fusains d’Europe, cornouillers sanguins, callistemons, vigne…) et de plantes vivaces (thym, lavande, sauge, menthe, framboisiers, fraisiers…). La densification des plantations se poursuivra de façon systématique. Nous produisons l’essentiel des plants que nous installons au verger. Nous faisons beaucoup de boutures et de semis, nous récupérons de jeunes plants, nous faisons des échanges avec d’autres jardiniers. Parfois, il nous arrive de craquer pour une plante (comme l’arbre à miel par exemple dont nous avons acquis un jeune sujet) qui nous intéresse particulièrement. Nous testons cette plante et nous l’utilisons alors comme plante mère pour faire des boutures ou des semis.

Des ruches ont été installées pour favoriser la pollinisation. Malgré toutes les difficultés rencontrées, cette pratique de l’apiculture amateur est très instructive.

La taille reste un sujet délicat : Les arbres ont besoin d’être taillés pour plusieurs raisons :

  • Avant tout on souhaite avoir des fruits plutôt que du bois.
  • Il faut aussi éviter d’avoir trop de fruits ce qui fatigue l’arbre et produit des fruits plus petits.
  • Les arbres ont besoin d’être structurés, surtout quand ils sont jeunes et ils ont tendance à pousser vers le haut au lieu de se ramifier.
  • La circulation autour de l’arbre amène à couper les branches basses.
  • La tenue au vent est importante par temps de Mistral, surtout quand les arbres sont chargés de fruits.
  • Certains arbres font beaucoup de rejets et de gourmands comme l’olivier qui est très vigoureux.
  • Pour conserver un arbre dans le temps temps, il est nécessaire de renouveler son bois.

Par contre il faut éviter de trop tailler :

  • La taille n’est pas très naturelle.
  • Elle laisse des plaies qui peuvent être des portes d’entrée pour des champignons du bois ou des insectes xylophages. Il est donc important de cicatriser avec un goudron.
  • L’art de la taille s’apprend lentement.

La taille permet d’équilibrer le potentiel racinaire et le potentiel végétal. Il faut que le potentiel racinaire soit supérieur au potentiel végétal pour que l’arbre soit en production, sinon, il ne fera que végéter. Comme on ne peut agir sur le potentiel racinaire que par la fertilisation et l’irrigation, la taille est un moyen de « conduire » l’arbre pour le bénéfice des fruits et pour sa croissance. Comme pour le reste, les arbres et les variétés qui ont besoin d’une taille exigeante n’ont pas d’intérêt à cause de l’attention et du temps qu’ils demandent.

La diversification a été augmentée : De nouveaux arbres ont été plantés pour diversifier et étaler les productions : nashi, néflier du Japon, néflier d’Allemagne, jujubier, asiminier. Cette recherche de diversification va se poursuivre avec des goyaviers et la recherche continue.

Le suivi de culture a été amélioré mais n’est pas encore satisfaisant. Il y a eu une tentative de donner une identité codée à chaque arbre mais le vent a dispersé les étiquettes. Une année, les arbres ont reçu un panneau hexagonal avec le nom français et le nom latin. Ces panneaux ont bien tenu mais les nouveaux arbres n’en ont pas été équipés. Un cahier de suivi a été tenté pour noter les informations pertinentes pour chaque arbre. Mais du verger au bureau, les informations se sont toujours volatilisées. Ce qui a été le plus efficace, c’est de mettre un panneau plastique sur les arbres suivis et d’inscrire les informations au feutre indélébile au moment de l’observation ou de l’intervention. Ainsi, il est possible de savoir sur quel arbre prélever des greffons par exemple.

Le verger est aussi devenu un jardin d’agrément apprécié des visiteurs. De chaque côté de l’allée des oliviers, des alignements décoratifs ont été plantés : encadrés par 2 lignes de Stakis, des iris sauvages, des agapanthes, des dahlias, des géraniums mais aussi des crocus et d’autres plantes décorent la perspective ponctuée par 3 boules de ligustrum et trois passages en treillis soudé au pied desquels on trouve des rosiers, des clématites, du jasmin d’hiver, du jasmin étoilé…

Il faut trouver un équilibre entre le besoin d’obtenir des fruits, la nécessité de préserver l’environnement, l’envie de paysager le verger. Il faut savoir renoncer à des rêves insensés.

Les soins apportés aux arbres ont aussi évolué.

La cloque du pécher est habituellement maîtrisée par l’application de « bouillie bordelaise » à la chute des feuilles, au grossissement des bourgeons, et tous les 15 jours après la chute des pétales. Ce n’est pas toujours aussi simple parce que l’application peut être différée à cause de la météo (vent ou pluie) ou du manque de temps disponible. Parfois, alors tout a été fait en temps et heure, la cloque est là. Par ailleurs, la « bouillie bordelaise » qui est acceptée en agriculture biologique est loin d’être inoffensive : elle contiendrait des molécules chimiques et son action antifongique qui permet de lutter contre la cloque par exemple s’exerce aussi sur les champignons du sol qui sont essentiels à sa fertilité. De même pour l’œil de paon de l’olivier, la tavelure du pommier

Le carpocapse du pommier a donné lieu à une longue « traque » : BT, pièges à phéromones, argile. Le carpocapse s’en est toujours tiré bien que sa présence ait reculé en 2019 alors que tout traitement avait été abandonné. Conditions météo défavorables ou début de contrôle par la biodiversité ? C’est trop tôt pour le dire. Les carpocapses sont une proie pour les pipistrelles. Ces chauves-souris fréquentent assidûment les grands platanes de la cour mais ne s’aventurent guère à découvert dans le verger. Les tilleuls plantés en inter rang le long des pommiers commencent à prendre de la hauteur et les pipistrelles vont peut-être s’y aventurer. Mais la solution radicale, c’est la sélection variétale : tous les pommiers ne sont pas également touchés par le carpocapse et certains ne le sont pas du tout. L’une des variétés du verger est vraiment insensible, ses pommes sont bonnes bien que d’un calibre moyen, malheureusement c’est une variété avec une forte alternance malgré fertilisation, irrigation et taille. Certaines variétés sont à fuir absolument comme la Reinette du Canada ou la Granny Smith. Tous les pommiers qui sont systématiquement attaqués vont être greffés en couronne au printemps prochain avec des variétés moins sensibles ou insensible.

Des applications de purin d’ortie et de prêle ont été tentés avec succès. C’est une pratique qui doit être reconduite et systématisées. En 2019 les pommiers n’ont jamais été aussi beaux en fin de saison et c’est bien encourageant.

Il est difficile d’apporter à chaque arbre ce dont il a besoin dans un verger où tous les arbres sont différents avec des précocités différentes. On comprend que la monoculture est bien plus facile. Dans un verger très diversifié, il faut arriver à intervenir le moins possible. C’est accessible à condition d’avoir des porte-greffe et variétés adaptées, beaucoup de biodiversité, des arbres en bonne santé grâce à un sol vivant et une irrigation maîtrisée.

Bien souvent, quand on souhaite planter un arbre fruitier, on va chez le pépiniériste le plus proche (ou pire en jardinerie) et on regarde de jeunes arbres en pot avec une belle étiquette et généralement une photo d’un fruit magnifique. C’est tentant ! ces arbres sont faits par des entreprises spécialisées qui produisent des arbres en grande quantité pour une clientèle quelconque. Si vous demandez l’avis du vendeur, il n’en sait généralement pas plus que l’étiquette. L’arbre est-il adapté au sol de votre jardin ? au climat de votre région ? Quel est le porte-greffe ? Quelles sont ses caractéristiques ? Quelle est sa sensibilité aux maladies ?… Généralement vous l’apprenez à vos dépens : pommiers nains à cause d’un porte-greffe nanifiant, variété erronée, arbres sensibles à toutes les maladies, arbre ne supportant pas le calcaire ou un PH élevé, arbres dioïques ne fleurissant pas au même moment… Les jardineries et pépiniéristes ne sont souvent que des revendeurs, pas des spécialistes. Suite à de nombreuses déceptions, la solution envisagée c’est de faire soi-même ses arbres soit à partir du matériel dont on dispose, soit à partir d’échanges avec des jardiniers qui connaissent bien leurs arbres.

C’est ainsi qu’une petite pépinière a été créée. Elle regroupe des arbres qui ont été obtenus par bouturage : figuiers, oliviers, néfliers… par prélèvement de sujets spontanés : pommiers pêchers, pruniers… par marcottage : figuiers, par prélèvement au pied : suquet d’olivier, tilleuls et bien sûr par échange : asiminier, variétés de figuiers, jujubier… Dans la pépinière les arbres sont regroupés et proches les uns des autres pour faciliter l’observation, l’irrigation et les éventuelles interventions. La pépinière permet de faire grandir des arbres jusqu’au moment de leur plantation dans le verger quand leur système racinaire sera suffisant. C’est le cas des figuiers « Noire de Caromb » pour lesquels il n’y a pas de doute sur la qualité de la variété, l’adaptation au sol et au climat. Pour des arbres spontanés prélevés dans la propriété, la pépinière permet d’abord une observation sur plusieurs années pour savoir si l’arbre fera un bon porte-greffe. Si c’est le cas, une greffe sera tentée avec une variété confirmée déjà présente dans le verger. Parfois, un sujet spontané est laissé en place dans le verger parce qu’il est bien placé et et que le parent est connu pour ses qualités. C’est le cas d’un pommier qui va rester en place jusqu’à sa première fructification qui n’interviendra pas avant 5 ans, la mise à fruit étant plus lente sur un « franc » (issu d’un semis) que sur un arbre greffé. On n’est donc pas dans une démarche productiviste. Le but recherché n’est pas un fruit sans défaut commercialisable avec un profit certain. Le but c’est d’avoir un arbre rustique dont la production soit utilisable et qui demande un minimum d’entretien. Il faut avouer qu’il y a un plaisir certain à attendre pendant des années un fruit qui sera une surprise qu’on espère bonne. La pépinière actuelle est très vite devenue trop petite pour tous les arbres qu’on voudrait accueillir. Faut-il rester sage et se limiter ? Faut-il suivre sa passion et changer d’échelle ?

Depuis 2004, de nouveaux ravageurs ont fait leur apparition dans le verger et compliquent encore la production. Ces ravageurs sont favorisés par le réchauffement global des températures qui leur permet de survivre dans nos régions.

  • Eurytoma amygdali a complètement détruit la récolte d’amandes en 2018. Cependant la récolte 2019 a été normale.
  • Drosophilia suzukii pique les cerises et les rend rapidement inconsommables.
  • Stephanitis piri, le tigre du poirier n’est pas un nouveau venu mais on le trouve maintenant sur les pommiers bien sûr mais aussi sur tous les prunus : cerisiers, amandiers, pruniers… Pour les pommiers, la parade a été trouvée : le « bassinage » du feuillage du bas vers le haut, tous les jours si possible pendant la saison estivale.
  • Le palmier pour qui nous avons craint le papillon Paysandisia archon vu à plusieurs reprises a finalement été tué par le charançon rouge Rhynchophorus ferrugineus.
  • Le frelon asiatique Vespa velutina ne s’attaque pas directement au verger mais en s’attaquant aux abeilles et à tous les insectes butineurs et autres, il peut avoir une influence très négative sur la pollinisation et la biodiversité.
  • Enfin, le spectre de Xylella fastidiosa plane sur tout verger et fait craindre le pire…

La création de l’inter rang planté en tilleuls a permis de faire des expériences de culture : en 2018, deux rangs de haricots ont été semés en parallèle dans cet inter rang. Pour le premier semis, la terre a été bêchée en profondeur, le chien-dent a été enlevé, puis le sol a été couvert d’un mélange de compost et de BRF. Pour le deuxième semis, le sol a été fauché à la débroussailleuse et a reçu le même mélange de compost et de BRF sans aucun travail du sol. Au moment de la récolte, il n’y avait aucune différence entre les deux semis, les plants étaient aussi beaux et la production aussi abondante. Conclusion, le travail du sol n’a rien apporté dans ce cas précis. En 2019, une autre expérience a été tentée : dans le lit de compost et de BRF de cet inter rang, de la semence de pomme de terre a été directement posée au niveau du sol. Quand les plants se sont développés, ils ont été « butés » avec un apport de BRF. Les plants ont bénéficié de l’arrosage de l’inter rang sans plus. La récolte s’est faite à la main en écartant le BRF.

La production n’avait rien d’exceptionnel mais elle a dépassé celle du potager qui avait été menée de façon classique et surtout, le rapport entre l’investissement et le bénéfice récolté était très bon. Le but recherché n’est donc pas de faire des récoltes performantes mais d’avoir des productions faciles et d’un bon rapport. Ces expériences seront poursuivies, elles permettent d’imaginer un autre rapport à la terre, une autre « culture » du jardin en passant de l’exploitation de l’agriculture conventionnelle qui épuise les sols et les pollue à la permaculture qui permet de concevoir une alliance avec la nature.

Maintenant, tous les inter rangs sont végétalisés et ils continueront à l’être soit avec des plantes intéressantes pour la biodiversité soit par des plantes comestibles ou utiles, soit encore par des plantes qui nous font envie. Nous sommes tous les jours sur le terrain et nous pouvons constater que la biodiversité entomologique recule dramatiquement année après année. Quand nous étions enfants, nous faisions jaillir de l’herbe des quantités d’insectes quand nous nous promenions. Maintenant, certains insectes se font rares.

Il est donc essentiel de favoriser la biodiversité par des pratiques simples :

  • Avant tout : renoncer à tout pesticide ! Il faut rappeler que l’application de la loi LABBE interdit la détention et l’usage des produits phytosanitaires chimiques aux particuliers.
  • Multiplier les végétaux parce que certains insectes sont « inféodés » à certaines plantes et ne peuvent vivre sans elles. Il ne faut pas oublier que plus de la moitié des oiseaux est insectivore.
  • Multiplier les pantes mellifères, pas seulement pour nos abeilles mais aussi pour tous les butineurs dont environ mille espèces d’abeilles sauvages présentes en France.
  • Multiplier les niches écologiques : faire des points d’eau, des tas de pierres (pour les reptiles), des tas de bois mort, laisser des friches linéaires…
  • Utiliser les 3 strates de végétation : strate herbacée, strate arbustive, strate arborée.
  • Ne tondre que dans la position la plus haute. La tonte permet d’avoir de la « prairie » avec des plantes « messicoles » (essentielles pour beaucoup d’insectes dont les papillons) qui sont absentes dans les friches.
  • Ne pas laisser de terre nue.

La biodiversité végétale herbacée n’a pas vraiment augmenté (encore aurai-il fallu faire un état des lieux il y a 15 ans). Le chien-dent est toujours très présent mais il a de plus en plus de concurrence (les noms sont donnés sous réserve, la botanique c’est compliqué) :

En 2019, la production du verger est très satisfaisante malgré quelques difficultés. Il serait intéressant de noter la production de chaque arbre du verger mais c’est un travail de plus qui serait un peu fastidieux. Il faut reconnaître qu’une partie des fruits a été perdue (pas pour tout le monde parce que dans la nature rien n’est perdu). Même si tous les fruits n’ont pas été cueillis, une partie du surplus a été donnée au cercle des amis. Le verger couvre nos besoins en fruits. Cela ne veut pas dire que nous mangeons des pommes fraîches toute l’année : nous n’avons pas de chambre froide et nous n’utilisons pas les artifices de l’agriculture industrielle.

En fait, nous achetons très peu de fruits : quelques mandarines et oranges en hiver, exceptionnellement des bananes, plus souvent des citrons parce que notre production est très réduite. Nous avons bien sûr les fruits qui sont mangés frais et qui commencent avec les cerises précoces en mai et finissent avec les olives et maintenant les fejoas en novembre. Nous avons le plaisir de manger des fruits frais, cueillis à maturité et produits sans pesticides.

Nous avons aussi le plaisir de goûter de nombreuses variétés : une douzaine de variétés de pommes par exemple avec chacune un goût, un parfum, une texture. Il y a aussi les fruits transformés : confitures, coulis, pâtes, jus, sirops, sorbets, fruits séchés, huile d’olive, olives de table. Mais il y a encore ce que le verger apporte à l’environnement : de la nourriture et des abris pour des insectes, des araignées, des lézards, des oiseaux, des chauves-souris… : tout un monde vivant qui se développe en symbiose avec les végétaux. Et il y a encore le plaisir d’un lieux embelli par la nature.

Le verger va continuer à évoluer. Un verger vivant c’est un verger qui se renouvelle. Nos connaissances évoluent aussi et de nouvelles pratiques vont être tentées : les micro organismes efficaces sont prometteurs. Suite à une formation sur l’utilisation des huiles essentielles pour soigner les plantes, des protocoles sont mis au point pour se passer totalement de produits commerciaux comme la bouillie bordelaise et pour avoir un meilleur état sanitaire du verger sans nuire à la biodiversité.

  • micro organismes efficaces,
  • huiles essentielles,
  • purins d’ortie, prêle et consoude,
  • fertilisation organique avec nos broyats,
  • diversification des arbres et variétés,
  • recherche de rusticité pour avoir à intervenir le moins possible,
  • développement de la biodiversité à tous les niveaux,
  • densification de la végétation,
  • amélioration de l’irrigation,
  • installation d’un poulailler de poules rustiques qui vont participer au nettoyage du verger et à sa fertilisation,
  • poursuite de l’embellissement paysager,

On a compris que le verger a évolué vers un esprit « permacole » : alliance des végétaux et des animaux, interventions réduites, possibilité de poursuivre la culture sans épuiser les ressources, partage des produits du verger.

Les enjeux sont multiples : l’un des enjeux pour l’avenir serait de disposer d’un lieu qui puisse servir à la transmission des savoirs nécessaires pour produire de l’abondance sans nuire à l’environnement.

Le verger permet un art de vivre au contact de la nature et au rythme des saisons.

C’est aussi une philosophie de vie : respecter de la nature, accepter son ignorance pour faire l’effort d’aller vers de nouvelles connaissances, entrer dans un temps long parce qu’il se peut qu’on ne bénéficie jamais de l’ombre de l’arbre que l’on vient de bouturer, c’est encore le plaisir de s’émerveiller sans cesse des prodiges de la nature.

Quelques liens utiles :

Comment curer le canal ?

Après les dernières pluies, le canal s’est bouché à cause des dépôts apportés par la crue. C’est l’occasion d’intervenir.

Martin a courageusement enfilé des bottes pour évaluer la situation :

L’entrée du conduit : https://www.youtube.com/watch?v=I0NMM90hCWM

Il y a environ 40 cm de vase sur 1 mètre de large et 50 mètres de long soit un volume de 20m3.

Comment faire pour que ce soit techniquement possible sans y passer un temps interminable et épuisant ?

On peut imaginer plusieurs solutions :

  • Faire un passage pour l’eau en déposant les pelletés de vase sur les côtés. C’est la solution la plus simple mais la vase retombera dans le passage. Ce n’est pas très satisfaisant à long terme.
  • Enlever la vase à la pelle et l’évacuer. 20m3 c’est 2000 seaux de 10 litres à porter les pieds dans la vase sur des dizaines de mètres, donc à éliminer.
  • Utiliser un « traîneau » d’une capacité de 10 seaux qui serait tiré par une corde, vidé et rappeler avec une corde. En fait il faudrait deux traîneaux pour que le chargeur n’ait pas à attendre le retour du traîneau. C’est techniquement plus élaboré mais ça demande une équipe avec au moins : un chargeur, un manipulateur de traîneau, un déchargeur et une personne pour évacuer les bennes avec le tracteur.
  • On peut aussi imaginer des solutions techniques avec un mini chargeur sur batterie (pour éviter le problème des gaz d’échappement). Le mini chargeur peut remplir son godet en poussant, reculer hors du tunnel, lever le godet à hauteur pour son déchargement. On peut en trouver en location. Évidemment ce n’est pas donné !
  • Qui a une meilleure idée ?

A propos de Greta thunberg

Greta a raison d’accuser les dirigeants de ce monde d’inaction. Nous ne connaissons pas l’avenir mais nous pouvons craindre une détérioration rapide de notre environnement.

Pour les personnes qui habitent en ville ou qui ont un mode de vie urbain, les signes sont invisibles : les supermarchés sont pleins, la pollution n’est pas visible, les catastrophes se produisent à l’autre bout du monde…

Pour les personnes qui vivent dans la nature et dépendent d’elle, les signes se multiplient : les insectes se font rares, les oiseaux aussi. Les abeilles meurent à cause de la canicule précoce qui a écourté le cycle des fleurs, à cause des pesticides invisibles mais bien présents, à cause du frelon asiatique qui fait le siège des ruches et confine les abeilles affamées… la pollinisation des cucurbitacées est de plus en plus mauvaise. Dans la colline des arbres meurent…

Greta a raison. Ceux qui condamnent son message pour des raisons formelles (son apparence physique, son âge, son ton…) sont des hypocrites. Ce sont les mêmes qui ridiculisent le chef de l’état à cause de l’âge de sa femme par exemple.

Néanmoins, Greta a tord sur au moins un point : elle accuse les dirigeants mais n’accusent pas les consommateurs qui ont aussi leur part de responsabilité. Sans doute que cela serait très impopulaire !

Chacun de nous sait qu’il nuit plus ou moins à l’environnement mais la nuisance d’une personne c’est si peu de chose. Globalement c’est catastrophique et c’est bien hypocrite d’accuser les pays d’Asie de polluer plus que nous alors qu’ils fabriquent nos objets et subissent chez eux la pollution de ces processus industriels.

Curieusement, alors que les critiques contre Greta sont innombrables et que ses détracteurs font preuve d’une grande créativité pour la dénigrer, personne ne lui reproche d’épargner les consommateurs frivoles et insatiables que nous sommes. C’est dire à quel point nous sommes compromis. C’est dire à quel point on n’est pas sauvés!

la noirceur humaine

Une catastrophe industrielle vient de se produire à Rouen. Le 26 septembre, un incendie a éclaté dans l’usine Lubrizol et un immense nuage de fumée noire, dont l’analyse n’est pas connue à ce jour, s’est répandu sur des km² avec des retombées qui ne sont pas encore évaluées.

TOPSHOT – In this picture taken on September 26, 2019 in Rouen, smoke billows from a Seveso classified Lubrizol factory on fire. Residents of twelve towns including Rouen have been asked to stay at home after a fire broke out at a Lubrizol factory classified Seveso high-threshold site, according to the prefect of Normandy. – RESTRICTED TO EDITORIAL USE – MANDATORY CREDIT « AFP PHOTO /JEAN-JACQUES GANON  » – NO MARKETING – NO ADVERTISING CAMPAIGNS – DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS / AFP / Jean-Jacques GANON / RESTRICTED TO EDITORIAL USE – MANDATORY CREDIT « AFP PHOTO /JEAN-JACQUES GANON  » – NO MARKETING – NO ADVERTISING CAMPAIGNS – DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

C’est évidemment une catastrophe écologique qui n’aurait jamais dû se produire.

Comment ne pas y voir un signe ? Nous utilisons tous des produits dont l’élaboration a nécessité une pollution plus ou moins importante. Parce que notre confort immédiat est une priorité, parce que, finalement, nous aimons consommer plus que posséder, parce que nos déchets sont laissés dans de lointains pays ou soigneusement cachés… c’est notre noirceur qui tout d’un coup nous saute au visage et qui retombe aussi sur les innocents : les enfants, les animaux, tous les êtres vivants qui croissent humblement et ceux qui auront à subir des conséquences pendant un temps indéterminé.

Nous n’aurons de reproches et d’invectives que pour ceux qui seront désignés responsables de cette catastrophe en évitant de nous regarder nous-mêmes…

Comme tous les êtres vivants, l’espèce humaine ne sait pas s’imposer de limite.

hydrographie locale

historique des cours d’eau

Cet article a été écrit pour l’association le Luc au sec mais cette association n’est plus active et risque d’être supprimée.

Les cartes proviennent du site http://www.geoportail.gouv.fr/accueil

Comprendre le passé pour comprendre le présent

L’inondation du 15 juin 2010 a rappelé de manière brutale que la commune avait un réseau hydrographique et que ce réseau n’était pas en état d’absorber de fortes précipitations. Il a été dit que le Solliès fait 5 mètres de large dans le village et seulement 1 mètre au niveau de la voie ferrée. La méconnaissance du réseau et de son histoire ne permet pas de comprendre la situation ni de l’améliorer.

cassini
cassini superposée

La carte de Cassini est la première carte métrée de France. Commandée par Louis XIV au savant Cassini, elle ne sera établie qu’au XVIIIème siècle pour le Luc.

La carte n’est évidemment pas très précise. On remarque qu’un seul cours d’eau traverse la commune, son nom est écrit dans la courbe vers l’Est : Ritor R . Il s’agit de ce que nous appelons aujourd’hui le Coudoumier en amont du Luc et le Solliès en aval. Le Riautort n’est pas mentionné vers sa source, le réseau des arrosants non plus. Il se peut que les géographes de l’époque aient simplifié leur travail et commis quelques erreurs mais il se peut aussi que le cours d’eau ait été fortement modifié depuis.
Quand on superpose la carte de Cassini et une photographie aérienne on constate que le cours d’eau serpente dans la plaine vers le Sud, qu’il suit le chemin de Repenti et qu’il passe par l’emplacement de l’actuel passage sous la voie ferrée. Cela correspondrait à une rumeur selon laquelle le chemin de Repenti est l’ancien lit du Solliès.

état major 1
état major 2
jardins

La carte de l’état major (1820 1866) est beaucoup plus précise. Au Sud du village, c’est à dire après la place de la Liberté, il y a une zone en bleu qui peut laisser penser qu’il y avait un étang ou un marécage qui s’étendait jusqu’au stade actuel ou bien il s’agissait de jardins arrosables

Le réseau hydrographique est très complet. On peut voir de nombreux canaux et la voie ferrée (C’est le PLM Paris-Lyon-Marseille qui est prolongé jusqu’à Nice en 1862) est tracée. Cette carte est donc fondamentale parce qu’elle montre l’état du réseau à un moment où la construction de la voie ferrée a tenu compte des écoulements nécessaires pour la bonne évacuation de l’eau malgré le remblai de la voie ferrée qui fait barrage.

Cette carte mentionne tout un réseau de canaux raccordés à la rivière qui est encore nommée Ritord. Ces canaux sont sans doute plus anciens que la carte elle-même parce qu’ils sont essentiels à la vie de la commune qui dépendait de l’agriculture depuis son origine.
L’eau ne servait pas à arroser les oliviers, ni la vigne, ni les cultures en restanques. On imagine que le blé n’était pas non plus arrosé. L’eau devait par contre servir à arroser les jardins. Sur cette photographie aérienne de la route des Mayons, les parcelles cadastrales sont nombreuses, de faible surface et étroites de part et d’autres d’un canal d’arrosage qui se prolonge vers le Sud avant de traverser la voie ferrée. On peut imaginer que c’étaient des jardins potagers possédés ou loués par des personnes habitant le village et que ces personnes produisaient des légumes et des fruits pour leur propre consommation. L’eau était essentielle et l’arrosage devait se faire par gravité « à la raie ».

Cet usage de l’eau pour des cultures potagères ne devait pas pour autant consommer beaucoup d’eau. Il est probable que ce sont les prairies qui consommaient le plus d’eau. En effet, jusqu’au début du XXème siècle, les ânes, mules, chevaux… étaient essentiels pour l’agriculture. Beaucoup de maisons anciennes du village disposent d’un garage alors qu’il n’y avait pas de voitures quand elles ont été construites. Il s’agissait de l’écurie. Le foin et la paille étaient stockés au grenier et on peut encore voir des poulies au bout de potences. On pourrait évaluer le nombre de chevaux présents au village et en déduire la surface qui était consacrée au foin dont ils avaient besoin. L’arrosage des prairies permettait de faire au moins deux coupes et l’arrosage était donc essentiel. Cela explique peut-être le réseau très développé de canaux dont il est sans doute impossible d’évaluer la longueur et la capacité totale. On peut en tirer plusieurs conclusions :

– Le Solliès n’est plus une rivière naturelle depuis longtemps. Elle a été canalisée, ses rives bâties, son cours détourné en de nombreux endroits. Elle a aussi servi de tout-à-l’égoût jusqu’à une époque très récente. Les usines Jean-Guy y déversaient leurs saumures, la distillerie Roch-Maures ses fonds de cuves…
– Il y avait certainement un syndicat des arrosants pour partager cette ressource.
– Le Solliès au niveau de la voie ferrée près du passage à niveau ne devait plus recueillir que le reliquat de ce qui avait été utilisé pour arroser et peut-être était-il à sec en fin d’été.
– Les canaux, ruisseaux, fossés devaient faire l’objet d’un entretien régulier pour bénéficier de la ressource.

passages

Les ingénieurs qui ont tracé la voie ferrée ont certainement pris en compte le problème de l’eau. En effet, la voie ferrée traverse la plaine perpendiculairement à la pente principale Nord/Sud. Le remblai met la voie ferrée à l’abri d’une inondation. Il semble que cette section n’ait jamais été fermée pour cause d’inondation. De plus, des passages ont été aménagés pour que l’eau puisse s’écouler vers le Sud. On peut imaginer que ces passages ont été dimensionnés en rapport avec le débit constaté à l’époque.

Le passage n°1

Le passage n°2

Le pont sous  la voie ferrée n’est pas mentionné comme un passage alors qu’en période d’inondation le pont est impraticable.

Entre le pont sous la voie ferrée et le passage n°3 il y a 3 passages de 0,50 m qui ne sont pas mentionnés et qui sont aujourd’hui bouchés.

Le passage n°3 correspond au Solliès actuel au niveau du passage à niveau. Il fait 0,90 m de largeur et ? de profondeur potentielle. Un câble électrique passe en biais dans l’ouverture. Le réseau des câcbles SNCF passe devant.

Le passage n°4 fait 1,90 m de largeur et ? de profondeur potentielle. C’est le plus grand passage alors qu’il n’y passe que 20 à 25% de l’eau.

Le passage n°5

La largeur totale est de plusieurs mètres et la section potentielle de plusieurs m². Aujourd’hui (en 2015) on demande au passage n°3 d’absorber la totalité de l’eau ce qui est bien sûr impossible. L’eau déborde donc vers l’Est dans les champs et vers l’Ouest sur le chemin de Repenti et dans les lotissements voisins.

Il faudrait pouvoir rechercher des informations contemporaines de cette carte pour savoir si la construction de la voie de chemin de fer a généré des inondations dès sa construction ou si il s’est avéré que les ingénieurs avaient correctement dimensionné les passages.

Le site Geopotail permet d’afficher le réseau hydrographique :

réseau hydrographique 1

A cette échelle, le Solliès n’est pas tracé à son emplacement officiel le long de la D33. Le réseau paraît déjà complexe. Le Riautort est bien mentionné. On voit clairement que la D33 est un point haut et que l’eau s’écoule vers le Sud de chaque côté.

réseau hydrographique 2

En changeant d’échelle, le Solliès est bien tracé le long de la route des Mayons (D33) :

Néanmoins la carte ne donne aucune indication sur la taille des cours d’eau et encore moins sur leur état. De plus, pour quelqu’un qui connaît le terrain, il est facile de relever des erreurs.

Enfin la pluie

Depuis 4 mois (quand même 1/3 de l’année), il n’avait plu que de façon insignifiante. L’arrosage manuel avait nécessité quelques 200 heures, soit environ 800 m3 d’eau, sans compter l’arrosage automatique pour presque autant.

Enfin la pluie. C’est toujours un événement extraordinaire. Il est tombé environ 70 mm en quelques heures, c’est à dire 70 litres par m². Ce n’est pas énorme mais ça commence à compter, c’est le dixième du cumul annuel. Des myriades de graines vont germer. Il va falloir profiter de ces conditions favorables (humidité, soleil, chaleur) pour semer et essayer d’avoir des récoltes avant les froids.

Pour nous, le beau temps, c’est la pluie. Enfin une journée de vacances.

le petit peuple du verger

Le verger est un grand zoo. Non, dans les zoos les animaux sont privés de liberté et de dignité. Au verger, les animaux vivent leur vie. Et beaucoup d’animaux auront vécu leur courte vie sans m’avoir jamais rencontré. Bien sûr, il y a le gros sanglier qui fait quelques dégâts mais il laisse derrière lui ses déjections qui sont bien utiles. La plupart des animaux sont très discrets et on ne les voit que si on s’intéresse à eux.

Parfois, on s’aperçoit de loin, on s’observe, et puis on prend ses précautions :

La mystérieuse mante religieuse Mantis religiosa et son petit mâle surpris le temps d’une photo. Il ne manque l’oothèque pour compléter le tableau :

L’araignée patiente au milieu de sa toile. C’est l’épeire fasciée.

Et puis il y a des inconnus jamais vus auparavant. D’où sortent-ils ces trois-là ?

Mais tout ce peuple qui est chez lui là où il est, que voit-il quand nous nous rencontrons ?